Réflexions personnelles sur notre système éducatif et son actualité

Réforme du collège : s’opposer à quoi ?

In Salle des profs on 7 avril 2015 at 17 h 05 min

Dès sa présentation initiale, la réforme du collège a provoqué un tollé surjoué. Accusée de tous les maux avant même qu’elle n’ait eu la chance d’être précisée et encore moins mise en œuvre, elle constitue un enjeu important pour la démocratisation du collège. Construire enfin le collège unique et sortir d’une vision mini-lycée.

Nous avons la conviction que la réforme proposée aujourd’hui va dans le bon sens, qu’elle est relativement ambitieuse et qu’il faudra avoir le courage d’aller au bout de l’idée.

Cette réforme a ses détracteurs. Si nous pouvons comprendre l’inquiétude des collègues de bonne foi, inquiets par l’inconnu, il ne faut pas se voiler la face, d’autres défendent une vision passéiste de l’école. La blouse et le tableau noir, le maître qui détient et déverse son savoir… et au final des élèves laissés pour compte.

Plus inquiétant peut être, des collègues plutôt progressistes, qui s’opposent avant tout parce que certains points les inquiètent, demandent à être précisés ou ajustés… au risque de se retrouver, par la force des choses, alliés à ceux qui ont une vision opposée de l’école.

Car il ne faut pas se tromper d’enjeu, c’est bien la philosophie générale du projet qu’il faut défendre. Les points de tension relèvent désormais de la construction et non de l’opposition qui ne servira que le statu quo, voire la préparation d’un retour en arrière.

Revenons sur certains des arguments entendus pour critiquer ce projet de réforme, (on ne commentera pas par contre les grossières tentatives de manipulation pour faire peur aux collègues).

 

→ Petite réforme, peu ambitieuse ?

 

Assez curieusement, dans les premières heures qui ont suivi les annonces ministérielles, certaines voix ont dénoncé une reforme à l’eau tiède. « Tout ça pour ça ». Etant donné l’hystérie qu’elle soulève depuis, elle n’est clairement pas de cet ordre.

En effet, si elle va à son terme sans perdre ses grandes lignes, c’est pour nous une révolution au niveau du collège.

N’oublions pas que cette réforme est globale, qu’elle s’accompagne d’un nouveau socle, de nouveaux programmes par cycle… A-t-on déjà été aussi global dans l’approche ? Cette fois, ça ressemble clairement à une refondation.

Evidemment, on aurait préféré qu’elle aille plus loin, que les choix soient encore plus courageux.

Il ne faudrait pas non plus que les nécessaires ajustements après négociations détricotent trop le projet initial. Attention notamment à ne pas surcharger l’emploi du temps des élèves et/ou trop diminuer les marges de manœuvre initialement prévues en revenant trop sur les horaires disciplinaires. (S’il fallait satisfaire toutes les associations disciplinaire, l’emploi du temps des élèves atteindrait facilement les 50 heures/semaine). Ayons pour une fois une vision globale du projet éducatif du collège.

 

→ “On faisait déjà !”

Technique bien connue des conservateurs : crier qu’on faisait déjà ! C’est exactement ce qu’on a pu entendre sur le travail par compétences… Passons sur le fait qu’il soit alors curieux de s’opposer à la réforme si elle conforte des pratiques (soit-disants) existantes…

L’interdisciplinarité, on faisait déjà ? Alors très bien, la voir instituée avec un temps dédié sans devoir négocier des modifications d’emploi du temps est donc une aubaine.

Accompagner personnellement les élèves ? Le collège le faisait déjà ? L’AP n’existe officiellement qu’en classe de 6ème et il est loin d’être utilisé en tant que tel dans la totalité des collèges. Combien d’établissements redistribuent les heures à des disciplines ou constituent des groupes figés ?
Et donc en 5e, 4e, 3e ? Du soutien externalisé parfois pour les élèves en difficulté…
On parle cette fois d’un vrai temps institué pour le faire. L’AP se fera avec un effectif trop nombreux ? Peut-être, mais faut-il attendre le grand soir pour commencer à aider différemment les élèves en difficulté?

→ “La réforme du collège remet en cause les disciplines.”

Parce que croiser les disciplines pour donner du sens aux apprentissages revient à les supprimer ? Mettre en avant la complémentarité des disciplines, la faire comprendre aux élèves c’est au contraire les conforter dans leurs rôles respectifs.

 

→ “Présenter le pluri/transdisciplinaire comme la panacée, ce n’est pas sérieux !”

Avec 20 % seulement de l’emploi du temps élèves consacrés aux projets plurisdisciplinaires, il n’est pas sérieux de faire croire que cette réforme les présente comme la solution miracle. Nous avons maintes fois précisé que nous ne croyons pas à une forme de pédagogie qui réussirait avec tous les élèves mais qu’au contraire c’est par la diversité des méthodes utilisées qu’on sera à même de toucher tous les élèves. La réforme offre un cadre pour pouvoir mettre en oeuvre un peu de cette diversité.

 

→ “Le transdisciplinaire ça ne marche pas !”

Voilà  une contradiction supplémentaire si on rattache cet argument au “On le faisait déjà”. Il ne faudrait pas croire que cette contradiction soit due à l’attelage hétéroclite des opposants au projet. Non, Bizarrement on peut lire ces deux phrases antagonistes à partir des mêmes sources.

Si ça ne marche pas, pourquoi tant de collègues le faisaient déjà ? La question mérite d’être posée.

Affirmer que cela ne fonctionne pas, voire que c’est néfaste aux élèves, c’est une fois de plus une remise en cause inadmissible vis à vis des nombreux collègues qui utilisent ces pratiques, le plus souvent avec des élèves en difficultés et/ou dans des établissements dit difficiles. Une partie des propositions faites pour le collège s’appuient sur ce qui a été mis en oeuvre sur le terrain. Certains font semblant de l’oublier ou de ne pas le croire.

 

→ “C’est une remise en cause de la liberté pédagogique !”

On est là face à une vraie contradiction dans le discours des conservateurs. Ils ne cessent de réclamer un cadrage national et s’oppose à la généralisation de ce qui était des exceptions tolérées dans le cadre d’expérimentation. Bien loin d’obliger tous les profs à s’investir dans une pédagogie du projet croisant les disciplines, ces EPI vont plutôt offrir un cadre qui manquait jusque là à ceux qui souhaitent s’y investir. Les collègues qui feront le choix de s’y investir (avec 20 % de l’emploi du temps des élèves concerné, on ne fera croire à personne que tous les profs se le verront imposer) pourront désormais le faire sans les contraintes de l’article 34.

Mais la liberté pédagogique s’arrête pour certains là où commence une certaine vision de la pédagogie… C’est en effet cocasse de voir un syndicat influent vouloir défendre la liberté pédagogique alors qu’il s’était opposé à l’ouverture du collège Clisthène.

→” Les EPI ne serviront que de variables d’ajustement ?”

Pourquoi donc ne pas faire confiance aux collègues pour imposer l’aspect pédagogique de ce cadre plutôt que son aspect comptable ? Evidemment si on crie haut et fort que la pédagogie du projet et l’interdisciplinarité n’ont aucune valeur pédagogique, ça va être difficile.

Et reprocher aux collègues d’avoir parfois utilisé les idd pour éviter un service partagé, c’est un peu dur. Et souvent injuste car les dits collègues ont su alors s’approprier les idd pour en faire de vrais moments d’apprentissages (bien loin des caricatures qu’on a pu lire ici ou là).
Ajoutons que les EPI ne font pas l’objet d’une dotation “à part”, ils sont intégrés aux disciplines. Ainsi, si on décide de faire un EPI avec de l’histoire-géographie, on n’ajoute pas d’heures dans cette discipline pour compléter un service. On décide simplement de faire autrement sur une partie des heures dédiées pour diversifier les approches.

 

→ “La réforme crée de nouvelles hiérarchies intermédiaires fondées sur le caporalisme”

Dans la ligne de mire de cette critique, les conseils pédagogiques qui devraient travailler à la mise en oeuvre de la modeste autonomie accordée aux équipes. Encore une fois, cette critique montre un manque de confiance totale envers les collègues. Le conseil pédagogique c’est un conseil d’enseignants ! Etonnant ce rejet de la part d’organisation qui réclame par ailleurs l’autogestion…

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On le voit, les enjeux de cette réforme ne méritaient sans doute pas tous les excès auxquels on a eu droit de la part de ses détracteurs.

 L’emploi de termes guerriers utilisés par trois organisations syndicales dans leur mails respectifs envoyés à tous les enseignants étaient-il justifiés ?

On a pu entendre et lire de vives attaques à l’encontre des associations et organisations syndicales qui soutiennent ce projet. Pourquoi s’y opposeraient-elles alors qu’il correspond à ce qu’elles réclament depuis toujours ? Faudrait-il se renier sous prétexte que cette réforme est proposée par un gouvernement dont on peut par ailleurs combattre d’autres projets ? Conception étrange du militantisme. Conception qui a engendré bien des outrances. Ainsi les partisans de la réforme se sont vu qualifier de “jaunes” de “collaborateurs”… Les mots ont un sens que l’histoire a façonné. Il faut donc être rigoureux dans leur emploi (un peu comme quand on parle de prise d’otages lors de grèves). Nous ne nous souvenons pas de l’utilisation de tels qualificatifs quand un membre influent d’un syndicat écrivait en catimini les programmes Darcos de 2007, ni quand certaines organisations ont encensé le président de la République et le gouvernement actuels quand ils ont annoncé le maintien des notes.

Faut-il être si peu sûr de son opposition à un projet pour tomber dans de tels excès.

Guillaume Caron & Laurent Fillion

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  1. A reblogué ceci sur Le blog de Guillaume Caronet a ajouté:
    Billet Co-écrit avec Laurent Fillion

  2. Merci pour cette analyse qui rassure !

  3. « Construire enfin le collège unique »

    > Je n’ai jamais rencontré un collègue qui soit pour le collège unique (tel quel). Pas sûr donc que l’argument soit audible.

    « Affirmer que cela ne fonctionne pas, voire que c’est néfaste aux élèves, c’est une fois de plus une remise en cause inadmissible vis à vis des nombreux collègues qui utilisent ces pratiques »

    > De même qu’affirmer que cela marche mieux qu’une pratique disons classique est une remise en cause (inadmissible?) vis à vis des collègues qui font classique.

    « Bien loin d’obliger tous les profs à s’investir dans une pédagogie du projet croisant les disciplines, ces EPI vont plutôt offrir un cadre qui manquait jusque là à ceux qui souhaitent s’y investir. Les collègues qui feront le choix de s’y investir (avec 20 % de l’emploi du temps des élèves concerné, on ne fera croire à personne que tous les profs se le verront imposer) »

    > Il n’y a pas 5 collègues dans mon collège (et encore, c’est optimiste) prêts à s’investir dans les EPI. Si on ne l’impose pas, il n’y en aura pas, si on l’impose, ça sera bâclé et inefficace. Et ça va être comme ça dans beaucoup de collèges.

    « Dans la ligne de mire de cette critique, les conseils pédagogiques qui devraient travailler à la mise en oeuvre de la modeste autonomie accordée aux équipes. Encore une fois, cette critique montre un manque de confiance totale envers les collègues. Le conseil pédagogique c’est un conseil d’enseignants ! »

    > Un conseil d’êtres humains avant tout, dont certains essaient de profiter, quitte à marcher sur les pieds de leurs collègues. Vous avez été très chanceux dans votre carrière si vous n’avez jamais connu d’établissement où les équipes enseignantes étaient divisées, parfois à l’instigation du chef d’établissement. Certains sont très forts à ce jeu là.

    « On a pu entendre et lire de vives attaques à l’encontre des associations et organisations syndicales qui soutiennent ce projet. Pourquoi s’y opposeraient-elles alors qu’il correspond à ce qu’elles réclament depuis toujours ? Faudrait-il se renier sous prétexte que cette réforme est proposée par un gouvernement dont on peut par ailleurs combattre d’autres projets ? »

    > Aucune raison pour l’UNSA et le SGEN de s’opposer ou de se renier, mais ces organisations doivent être conscientes qu’une très large majorité des enseignants et de leurs représentants sont opposés à cette réforme et que ce qui s’apparente à un passage en force ne peut être que mal vécu (d’autant plus vu le passif de ce gouvernement par rapport aux enseignants) par la majorité.

    UNSA et SGEN c’est moins de 20% des enseignants de collège, le PS qui l’impose est également très minoritaire dans le pays, on ne peut pas bâtir une réforme acceptée et donc efficace avec une base de soutien aussi faible. Rien que pour ça, sans même parler du fond, cette réforme sera un échec et donc participera à affaiblir encore un peu plus le collège et pénalisera les élèves.

    L’UNSA et le SGEN ont sans doute les meilleures intentions du monde, vous aussi, mais cette réforme n’aura que des conséquences négatives parce que viciée dès le départ par les conditions dans lesquelles elle est née.

  4. […] Dès sa présentation initiale, la réforme du collège a provoqué un tollé surjoué. Accusée de tous les maux avant même qu'elle n'ait eu la chance d'être précisée et encore moins mise en œuvre, elle c…  […]

    • C’est sûr que les professeurs qui ne perdent pas leur poste à cause de cette réforme peuvent toujours y trouver leur compte. Je suis professeur d’allemand dans un quartier difficile, la section bilangue est tout sauf élitiste, elle offre un choix qui permet à de nombreux élèves d’être tirés vers le haut et de gagner en ambition… mais bien sûr, supprimer des postes de professeurs enseignant une matière qui n’a pas bonne presse cela ne dérange personne!

      • Remarquons que personne ne s’est ému de la suppression de l’option dp3
        Sinon là où il n’y avait pas de bilangue, les professeurs d’allemand sont gagnants avec l’ouverture de la LV2 en 5e

  5. Nous sommes nombreux à être d’accord pour réformer. C’est un peu facile de parler de « tollé surjoué ». Vous oubliez me semble-t-il de dire que cette réforme, quoi qu’en dise la Ministre, sonne le glas des centaines de classes bilangues (anglais et une autre langue vivante dès la sixième) qui permettent à nos jeunes de relever les défis linguistiques du 21e siècle. Pour tous les élèves concernés, c’est une perte de 4,5 h par semaine sur les quatre ans du collège: trois années à raison de 2,5h/semaine au lieu de quatre années à raison de 3h hebdomadaires.
    Rien que pour cette raison, on est en droit de demander une remise à plat de cette « réforme », qui relève plutôt de la régression.

    • Je veux bien défendre les options bilangues mais certainement pas les classes bilangues.

      • « Je veux bien défendre les options bilangues mais certainement pas les classes bilangues » , dites-vous.Sachez que les « classes bilangues » ne sont pas des classes !!! Les élèves viennent de différentes classes pour former un groupe!! Alors non, je n’ai certainement pas confiance aux collègues qui prendront des décisions au Conseil Pédagogique pour des matières dont ils ne connaissent même pas le fonctionnement!!!

      • ça dépend où ! Parfois ils sont regroupés et l’option est alors dévoyée

  6. » Cette réforme a ses détracteurs. Si nous pouvons comprendre l’inquiétude des collègues de bonne foi, inquiets par l’inconnu, il ne faut pas se voiler la face, d’autres défendent une vision passéiste de l’école. »

    Culture de l’euphémisme puis fantasmagorie ! Et donc ?

    » Assez curieusement, dans les premières heures qui ont suivi les annonces ministérielles, certaines voix ont dénoncé une reforme à l’eau tiède. « Tout ça pour ça ». »

    Source ? Les collègues ont d’autres choses à faire qu’être béats devant l’actualité. Ne généralisez pas. Un avis réfléchi, cela se forge. Aujourd’hui, vous le préciser : il est autre ! Et, ça, l’intelligence collective, cela n’a-t-il donc aucune valeur à vos yeux ?

    » Faudrait-il se renier sous prétexte que cette réforme est proposée par un gouvernement dont on peut par ailleurs combattre d’autres projets ? »

    Lesquels ?

    « Affirmer que cela ne fonctionne pas, voire que c’est néfaste aux élèves, c’est une fois de plus une remise en cause […] Une partie des propositions faites pour le collège s’appuient sur ce qui a été mis en oeuvre sur le terrain. Certains font semblant de l’oublier ou de ne pas le croire. »

    Et, à grande échelle, les résultats sont scientifiquement prouvés ou non ? Depuis le temps que d’aucuns expérimentent…

    « Nous avons maintes fois précisé que nous ne croyons pas à une forme de pédagogie qui réussirait avec tous les élèves mais qu’au contraire c’est par la diversité des méthodes utilisées qu’on sera à même de toucher tous les élèves. »

    C’est pour cela que vous n’en prônez qu’une seule ! Cette réforme en impose une unique et elle serait à défendre ?

    Bon, j’arrête là, plus d’une dizaine de paragraphe et pas un argument sérieux. Cela fait tache.

    • « Un avis réfléchi, cela se forge »
      Parfaitement d’accord. C’est pourquoi je préfère lire le texte du projet plutôt que les caricatures qui en sont faites.

      » Faudrait-il se renier sous prétexte que cette réforme est proposée par un gouvernement dont on peut par ailleurs combattre d’autres projets ? »

      « Lesquels » ? Dans le domaine économique, beaucoup. Educatif ? Le maintien des notes par exemple.

      « Et, à grande échelle, les résultats sont scientifiquement prouvés ou non ? Depuis le temps que d’aucuns expérimentent… »
      Ce qui se fait fonctionne en France et ailleurs. Sauf à vouloir se fixer comme seul objectif de sélectionner bien évidemment. Sinon, le bienfait des méthodes traditionnelles est scientifiquement prouvé ? Pourquoi exiger des méthodes innovantes ce qu’on n’exige jamais des autres. D’ailleurs si on essaie de nouvelles pistes, c’est bien parce que l’existant n’est pas satisfaisant non ?

      « C’est pour cela que vous n’en prônez qu’une seule ! Cette réforme en impose une unique et elle serait à défendre ? »
      FAUX. 20% de l’edt élèves. il reste 80 % pour le reste !

      « pas un argument sérieux. Cela fait tache. »
      C’est pourquoi vous préférez la caricature et les raccourcis?

  7. Monsieur Le député ,
    J’enseigne l’allemand depuis plus de 30 ans dans un collège et lycée privés et suis consternée de voir que vous considérez la réforme de notre ministre de l’Education Nationale comme une avancée ;laissez moi vous transférer la lettre ouverte que j’ai laissée sur son site et vous comprendrez la détresse des professeurs d’allemand ..Non ,ce n’est pas du corporatisme ,Monsieur le Député ! C’est un simple cri de désespoir ,c’est une manifestation d’exaspération de voir l’enseignement de l’allemand massacré en France sous couvert d’un pseudo égalitarisme dogmatique ..
    Je me permets également,Monsieur ,Le Député, de vous indiquer le site de l’ADEAF où s’expriment des professeurs d’allemand qui ne veulent pas voir leurs efforts d’enseignement anéantis par une simple décision ministérielle ,qui refusent de tirer un trait sur la coopération franco-allemande ,sur les accords bilatéraux,sur les nombreux partenariats entre nos deux pays …
    Quel gâchis programmé ..!
    Respectueusement,
    Un professeur d’allemand ulcéré .
    Claire Barbillon

    Madame La Ministre,
    Votre projet de réforme concernant l’enseignement des langues me consterne ..Sous couvert d’un faux égalitarisme,vous envisagez de détruire des filières d’enseignement (les bilangues allemand-anglais) qui fonctionnent parfaitement.Pourquoi s’attaquer à ce qui marche ? Pourquoi ôter aux enfants la possibilité de s’épanouir dans une section qui leur permet de s’ouvrir à la langue et à la culture de notre premier partenaire économique ?A quoi bon,signer de manière officielle des traités si vous détruisez leur contenu dans la pratique ? Quelle hypocrisie intellectuelle …Pourquoi faire croire à la population française que votre réforme est une amélioration de l’apprentissage des langues alors qu’il s’agit en réalité d’une pure dégradation? Croyez vous qu’un saupoudrage de 2H30 d’allemand par semaine permettra aux jeunes Français d’être armés pour les grands défis de demain ?
    Certes,vous pourrez affirmer avec fierté :
    Moi,Ministre de l’Education Nationale,j’ai anéanti les efforts d’enseignement de qualité des professeurs d’allemand par une seule réforme,
    Moi,Ministre de l’Education Nationale,j’ai contribué à l’appauvrissement culturel des élèves français sous couvert d’un égalitarisme idéologique,
    Moi,Ministre de l’Education Nationale,j’ai contribué à l’augmentation du chômage des jeunes Français ,en leur ôtant la possibilité d’avoir une formation performante dans la langue de notre premier partenaire économique,
    Moi,Ministre de l’Education Nationale,je fais de la discrimination linguistique en réduisant l’offre d’apprentissage à l’école,
    Moi,Ministre de l’Education Nationale,je casse volontairement l’enthousiasme des enseignants d’allemand ,
    Moi , Ministre de l’Education Nationale,je ne reconnais pas aux élèves le droit de prendre plaisir à pratiquer une langue d’une façon différente .
    Moi,Ministre de l’Education Nationale,je m’oppose au droit à la différence !
    J’ose espérer ,Madame La Ministre, que les nombreux messages que vous recevez et la mobilisation des enseignants de langues vous amèneront à modifier cette réforme et à maintenir les classes bilangues dans le futur dispositif .Les supprimer serait une aberration économique et intellectuelle !
    Respectueusement,

  8. Cher collègue ,
    je vous invite à prendre connaissance en détail des réserves légitimes et fondées des professeurs d’allemand face à cette réforme , en vous renvoyant au site de l’ADEAF , plutôt que de vous fier aux propos fallacieux de la ministre qui prétend « conforter » l’enseignement de l’allemand , ce qui est un pur leurre . Les professeurs d’allemand ne sont pas des conservateurs frileux et élitistes , des espèces de zombies d’un autre âge , ils essaient d’oeuvrer au mieux et avec un dévouement souvent sans borne pour la promotion et le maintien de l’enseignement de l’allemand , dans l’intérêt des élèves et du pays qui manque cruellement de gens qui parlent et connaissent la langue de notre voisin et premier partenaire ! avez-vous également songé à ce que la mise en place de cette réforme impliquerait en terme de menace sur les services d’enseignement en collège pour les professeurs d’allemand obligés alors d’être systématiquement sur deux -trois établissements ??
    Pourquoi « casser » ce qui marche ? (sections euros , classes bilangues ..) pourquoi refuser aux élèves le droit d’approfondir une langue ? pourquoi taxer cela d’inégalité ? pourquoi refuser des options aux élèves ? au nom d’une idéologie et d’un dogmatisme qui sont eux d’un autre âge .
    Cordialement
    F. Caty professeur d’allemand en lycée depuis plus de 30 ans .

    http://adeaf.net/spip.php?article91

  9. Bonjour cher collègue (je me permets ce terme car je ne suis pas au SNALC ;-),

    Vous prenez parti pour la réforme annoncée du collège, en prétendant balayer (de manière rapide et parfois pas totalement dénuée de traits caricaturaux) l’ensemble des points d’opposition à cette réforme.
    Un ton caricatural quand vous rallumez la querelle des anciens et des modernes (« vision passéiste », les « conservateurs »).
    Une manière (trop) rapide, quand vous évoquez par exemple l’absence de mise en œuvre de l’AP dans un certain nombre d’établissements, sans donner aucun chiffre (« l’AP est loin d’être utilisée en tant que telle dans la totalité des collèges »), laissant entendre que ça pourrait être une pratique assez répandue : avez-vous donc accès à des chiffres et des informations que nous ignorons ?
    Trop rapide également puisque nulle part ne sont évoqués les sujets qui fâchent : nulle part vous ne parlez du sort réservé aux langues vivantes ou aux langues anciennes ou à l’éducation artistique et culturelle, les premières étant accusées du pire des maux qui soit : de conforter l’élitisme. Or, ces options sont ouvertes à tous les élèves qui le souhaitent. Et NON, il n’existe pas de classes bilangues, mais des SECTIONS (c’est-à-dire un regroupement d’élèves de 3 classes le plus souvent pour les heures de langue ou de latin).
    Certains aspects de la réforme me paraitraient intéressants (la pédagogie du projet par exemple) s’ils étaient accompagnés de moyens adéquats. Car interdisciplinarité et pédagogie du projet sont extrêmement chronophages en termes de préparation. Or, rien n’indique que le ministère de l’éducation ait des moyens à mettre au service de ce renouveau pédagogique (pour les Itinéraires de Découverte ou pour l’histoire des arts – deux exemples d’interdisciplinarité, la concertation entre collègues se fait toujours sur un coin de table ou tard le soir par échanges de mails … bref, les conditions sont loin d’être optimales).
    Pour en revenir aux grandes absentes de votre article sur la réforme : les langues vivantes. En l’état actuel du projet, ce sont les grandes sacrifiées de la réforme. Il y a certainement de multiples raisons à cela : en supprimant les classes bilangues en 6ème, le MEN fait des économies substantielles. En réduisant la carte des langues à sa portion congrue (anglais et espagnol) pour tous, le MEN fait à nouveau des économies. En détruisant un enseignement qui ouvrait les élèves sur l’Europe, leur permettant de découvrir la culture de nos voisins (à la portée de toutes les familles qui en émettaient le souhait et de tous les élèves qui le voulaient), la réforme traduit de manière très concrète l’indigence du regard porté par les hommes politiques français actuels sur l’Europe. Cette réforme enferme nos élèves dans une vision totalement hexagonale qui est profondément attristante et limitée. Quand à la disparition des langues anciennes, elle les enferme dans un présent perpétuel sans épaisseur ni profondeur.
    Enseignante d’allemand dans un collège ZEP, ECLAIR puis REP+ (qui accueille 35 % d’élèves non lecteurs ou très mauvais lecteurs en 6ème) et qui parvient malgré tout à intéresser ses élèves (tous les élèves sont les bienvenus en bilangue) et à leur donner envie de continuer à apprendre et à découvrir la culture de nos voisins.
    Enseignante d’allemand écoeurée par cette réforme qui, au nom de mesures d’économies qui ne disent pas leur nom, veut rayer de l’offre d’éducation faite aux élèves et à leur famille toute diversité linguistique.

  10. A reblogué ceci sur Humeurs d’Astringueset a ajouté:
    Très pertinent billet de Laurent Fillion

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