Réflexions personnelles sur notre système éducatif et son actualité

Comment j’ai pourri le cdi

In Au piquet on 23 décembre 2012 at 16 h 45 min

Je me suis amusé à une petite expérience « pédagogique ».

J’ai donné une recherche à réaliser au cdi à mes élèves sur les grands personnages de la révolution française. Mais j’avais pris soin de glisser parmi les Robespierre, Danton et la Fayette un illustre inconnu (et pour cause car tout droit sorti de mon imagination !) Louis Binid, marquis de Pronoef, noble éclairé. J’avais pour l’occasion écrit et édité un faux livre retraçant la biographie dudit marquis et glissé cet ouvrage dans les rayonnages du cdi.

Que croyez-vous qu’il advint ? Ces crétins d’élèves ont recopié le contenu du livre sans chercher à croiser avec une autre source.

J’ai pu lors de la correction leur montrer tous les dangers du livre. On peut en effet y trouver tout et n’importe quoi ; je leur en avais apporté la preuve.

Cette petite expérience m’a valu les honneurs des medias. Mes amis, (que je prévenais systématiquement sur notre forum d’échanges où se retrouvent tous les ennemis du livre et autres réacs), m’y ont à chaque fois trouvé excellent et pertinent. Seuls quelques esprits chagrins ont critiqué ma démarche en me surnommant le « pourrisseur des bibliothèques ». Il faut dire que ces derniers sont des partisans de l’utilisation du livre en classe. Certains en font même écrire à leurs élèves !!

Je suis ainsi devenu le porte-parole de tous les enseignants qui mettent en avant les dangers du livre. L’actualité récente nous a donné raison à maintes reprises avec la sortie d’ouvrages antisémites, racistes, xénophobes ou à pure vocation commerciale. Il est évident désormais qu’il est extrêmement dangereux d’habituer les élèves à utiliser le livre au risque de les amener à être confrontés un jour à ce type de publication.

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Rassurez-vous, tout ceci n’est que pure invention, un conte de Noël.

On imagine mal un enseignant utiliser de tels procédés et surtout en tirer de telles conclusions.

Non ?

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  1. On m’a parlé de livres qui parlerait d’Internet. C’est vrai ? Quelle honte !

  2. Au-delà de la forme, un peu faible et manquant de mordant, il y a surtout un gros pb de fond : ce que vs annoncez vouloir faire avec un livre, a savoir l’écrire puis l’éditeur, vs ne pouvez le faire car le support présente trop de sécurités et de contraintes pour vous autoriser a faire n’importe quoi.
    Ce qui n’est manifestement pas le cas du web, ni plus particulièrement de Wikipédia.

    Finalement, votre post porte bien son nom : c’est un conte, irréalisable en tant que tel.

    Mais bon, je comprends que vous ayez envie de vous amuser : recherche de notoriété ?

    Bonnes fêtes !

    • Pourtant on trouve sur votre forum préféré un post qui critique (à juste titre) à un livre homophobe qui est bien paru …
      Mais là n’est aps l’essentiel, je remarque que vous ne commentez pas les conclusions ridicules que je tire de cette expérience dans mon conte que certains ont tirées pour le net.
      Sinon c’est évident, je recherche la notoriété. C’est d’ailleurs pour ça que je publie toujours sous mon nom, ce n’est pas une question d’honnêteté , c’est uniquement pour me faire connaître !

    • Je voulais aussi vous rassurer : j’apprends à mes élèves à croiser leurs sources et même à faire preuve d’esprit critique envers wiki

    • Mdrrrrrrrrrrrrrrrrr

      • Pour info : ici, vous pouvez dépasser les 140 signes et utiliser plus de 3 lettres différentes pour vous exprimer.
        Mais peut-être le fond de votre pensée a-t-il été entièrement décrit dans ce message.

      • oh ! oh ! oh ! oh ! oh ! oh !

  3. Cela fait un moment que je suis vos chroniques qui, jusqu’à présent, me faisaient au bas mot sourire quand je n’étais pas purement et simplement d’accord avec elles (notamment celle concernant les conseils de classe). Mais là, je suis atterrée. Que l’on cherche à piéger ses élèves pour leur montrer les dangers de la recherche sur internet, j’applaudis à deux mains. Mais apparemment, tel n’est pas votre propos. Déjà, dès le 3ème paragraphe, parler des élèves comme des « crétins » montre tout le mépris que vous avez envers les enfants dont nous vous confions pourtant les yeux fermés l’enseignement de l’Histoire et de la géographie. Cela en dit bien long sur vos capacités à enseigner non seulement cette matière, mais vos compétences à enseigner tout court !!! D’ailleurs, vous poussez la démonstration jusqu’au bout en attaquant les livres et leur pseudo dangerosité !!! J’entends soudain résonner tristement le bruit des bottes !!! Pourquoi ne pas revendiquer ouvertement que l’on brûle en place publique les livres qui déplairaient à certains, comme les nazis et autres dictateurs, pourvoyeurs de charniers humains, l’ont fait en d’autres temps ? Quel qu’il soit, quelle dangerosité pourrait représenter un livre à part remettre en cause un système politique, économique ou éducatif ? Les livres ne font-ils pas partie prenante de la construction intellectuelle de tout être humain ? Et quand bien même avez-vous inventé votre référence, à savoir une pseudo biographie dudit Louis Binid, marquis de Pronoef, à laquelle vos élèves se sont référés en toute confiance, vous devriez être honoré justement d’une telle confiance aveugle accordée par vos élèves !!! Et votre rôle d’enseignant, à défaut de celui d’adulte, devrait au contraire vous conduire à faire réfléchir vos élèves sur le sens de la parole de ceux qui, au prétexte qu’ils détiennent le moindre petit pouvoir, s’en servent pour manipuler et tirer toujours plus bas le plus grand nombre. A mes yeux, Monsieur, vous avez profondément failli à votre rôle d’enseignant et j’en suis très triste pour tous les élèves qui auront la malchance de vous subir… J’espère de tout coeur que nombre d’enseignants ont une autre conception de l’Education Nationale que la vôtre… Une chose est sûre, je ne resterai pas inactive face à une telle attitude.

    • Bonjour,
      Vous m’avez visiblement mal compris. C’est un pastiche dans lequel je veux dénoncer de tels procédés.
      Je voulais faire bien évidemment le parallèle avec ce qui a été fait pour internet (et que je n’approuve pas).
      Les conclusions qui ont été tirées de cette expérience sont à mes yeux ridicules / ce que j’ai voulu montrer en faisant le parallèle (ridicule) avec les livres. Rassurez-vous, je ne veux pas organiser d’autodafe.
      L’expression « crétins d’élèves » était là aussi pour dénoncer ceux qui l’utilisent (je me suis mis à la place de…). Ceux qui me connaissent un peu savent que le respect de mes élèves est une règle que je me fixe ! C’est d’ailleurs pourquoi je me refuse à les piéger.
      Quant à la confiance aveugle qu’ils peuvent vouer au enseignants, j’essaie de leur apprendre à s’en démettre par l’apprentissage de l’esprit critique.

      Bref, vous voyez, nous sommes d’accord (sauf sur l’expérience du piège d’internet) et ce que j’ai écrit est une caricature pour dénoncer ce que vous dénoncez vous même à juste titre.

    • à moins que ce commentaire soit lui aussi un pastiche …

    • C’est Noël : certains devraient demander un peu de second degré en cadeau !!!! 😉

    • C. Fernandez ou comment atteindre le point Godwin en moins d’une dizaine de phrases…
      Pour ce qui est de l’article j’ai failli me faire prendre par ce canular. Mais je suis plutôt d’accord dans le fond. Je ne vois pas en quoi il faudrait une différence entre livre papier et publications web puisque les deux nécessitent le même traitement méthodologique : un croisement de sources. Si on veut parfaire l’expérience c’est pas trop dur : prendre une réimpression d’un livre ancien (genre Carcopino pour Rome ou Droysen pour l’histoire de la Grèce ou autres) et je suis sûr que beaucoup d’élèves vont se dire « ça a été il y a peu donc c’est du bon » et n’iront pas chercher plus loin. Mais après n’a t-on pas tous fait cette erreur au début de nos études historiques ?

      • « Mais après n’a t-on pas tous fait cette erreur au début de nos études historiques ? » Bien sur et le but de ce billet n’était pas de condamner les erreurs des élèves mais bien les conclusions hâtives de certains « collègues » sur les sources utilisées aujourd’hui par nos élèves.

  4. Bjr. Si je trouve ça intéressant, ça fait le parallèle avec « les dangers d’internet » qu’on voit régulièrement. Un livre peut-être aussi dangereux, funeste, pénible, faux de A à Z…donc ça se tient non ?

  5. Superbe article qui aurait dû arriver plus tôt. Je vois d’ailleurs au vu des commentaires qu’il y a encore du boulot entre ceux qui ne savent pas lire un billet jusqu’au bout (et qui en plus ignorent l’ironie) et ceux qui connaissent si peu internet qu’ils ignorent que l’on peut éditer un livre papier en deux clics pour une somme modique.

    • Disons qu’on peut en quelques clics, et gratuitement, alimenter Wikipédia en absurdités. Et inonder le web facilement.
      Essayez d’en faire autant en inondant les cdi de France pour une somme modique…

      On peut essayer d’informer les ignorants (en s’autoproclamant expert…) de l’Internet sans être de mauvaise foi, non ?

      Pour info : ce billet, même si je suis en désaccord avec ce qu’il veut démontrer (et échoue a le faire car l’analogie est impropre et les conclusions virtuelles injustifiées) aurait pu être drôle en effet. S’il ne l’est pas tant que ça, c’est qu’il est trop court. Il eût fallu l’étoffer et développer l’ironie.
      Bref, ça manque un peu de mordant et on retient juste un problème de digestion de l’auteur de l’acte du pourrisseur du web : c’est adapté en ces périodes de fêtes ceci dit.

      • – Pour l’exemple que je donne, un seul cdi suffit et ça c’est possible. Mais piéger les élèves pour les rabaisser par la suite n’est pas dans mes habitudes …
        – Je ne m’autoproclame pas expert, je montre que certaines conclusions tirées de certaines démarches sont ridicules (je note au passage que je n’ai pas de critiques là-dessus)
        – Votre côté donneur de leçon reprend le dessus. Que voulez-vous, je suis un dangereux pédagogo qui ne sait aps étoffer et développer l’ironie. Heureusement que les néos sont là pour ça.
        – Bizarre car j’au reçu beaucoup de messages pour me dire que l’analogie fonctionnait parfaitement.
        – Que vous n’ayez pas trouvé ça drôle me rassure quand je vois ce que vous trouvez drôle sur votre forum préféré…

      • Je ne vois pas où le procédé rabaissé les élèves : il met au contraire en évidence leurs lacunes et leur manque d’esprit critique afin de mieux faire passer la nécessité de leur formation.
        Je trouve cet acte profondément pédagogique.

        Pourquoi vos conclusions sont erronées et non transposables ?
        Parce qu’un cdi ou une bibliothèque sont des lieux dont les contenus ont été filtrés par des adultes formés (a priori, je ne considère pas l’esprit critique des élèves et des adultes au même niveau : je crois en notre capacité a leur apprendre quelque chose, peut-être une différence entre nous ?) : on peut s’y informer sans craindre l’erreur de sources et de véracité.
        Internet en général n’est pas modéré, ni cadré par des adultes.
        Et l’information majeure de l’expérience du « pourrisseur du web » est que ces adultes ne sont pas tjrs au niveau : son fake a été validé par un comité de lecture sur Wikipédia. C’est qd même lourd de significations et de conclusions non ?

        Quel est le propos ? Il ne s’agit pas de jeter le web aux orties mais de discuter son utilisation massive par des élèves : je pense qu’il faut les former a l’esprit critique ds la distance avec cet outil au lieu de les y plonger avec enthousiasme, sans pouvoir réellement maîtriser leur utilisation, très contrairement au cdi.
        C’est pourquoi je pense l’analogie invalide.

        Quant a l’humour, je pense que pour pouvoir en apprécier certaines manifestations, il faut savoir ne pas se prendre au sérieux. Et manifestement, il vous arrive d’être animé par un esprit peu empreint d’autoderision.

      • Je continue à penser que piéger ainsi les élèves les rabaissent.

        « je crois en notre capacité a leur apprendre quelque chose, peut-être une différence entre nous » je préfère ne pas répondre, c’est Noël faut être charitable. …

        Il ne s’agit pas de jeter le web aux orties mais de discuter son utilisation massive par des élèves : je pense qu’il faut les former a l’esprit critique ds la distance avec cet outil au lieu de les y plonger avec enthousiasme Nous sommes donc d’accord .. sauf que ce n’est pas ce que vos amis ont alors écrit à ce sujet.

        Je n’ai pas compris votre allusion à mon éventuel manque d’esprit empreint à l’autodérision.
        Mais bon si vous jugeait que « lait caillé pédagogique » vaut mieux que mon billet, c’st votre droit.

  6. @hervé il faut lire l’article en entier

  7. Je trouve en effet que l’analogie est parfaite car elle est tout aussi absurde. Comment enseigner aux élèves à croiser les sources (quelles qu’elles soient) si on leur démontre qu’elles sont juste mauvaises (enfin parfois, mais ça évidemment il ne faut pas leur dire sinon on n’est pas un expert en wikipédia n’est-ce pas).
    Prêcher que l’internet, les livres etc sont le grand Satan s’ils ne démontrent pas exactement ce que l’on veut qu’ils démontrent c’est effectivement très près des bottes, mais ce n’est pas de ton côté qu’il faut le chercher ce bruit claquant sec. Personnellement le monsieur pastiché me fait un peu de peine, c’est lui qui recherche la pub et c’est lui qui confond mise en garde et contre-vérité. La peur d’un outil est pire que l’outil lui-même !

  8. Ben dites donc il y a des sacrés grincheux ici, critiques alambiquées + menaces !? J’ai envie de vous dire « Give Peace a chance » et mettre en exergue une citation trouvée sur WordPress « The skill of writing is to create a context in which other people can think. » Edwin Schlossberg. En France, on dirait qu’aucun débat ne peut se faire sans jugement de valeur, tentative de domination, perfidie et démonstration de force. C’est navrant. Tout finit en psycho-drame. Où est-ce seulement les profs ? Les profs seraient des « hyper-français » ? Tout chez eux est exacerbé car ils sont au centre de la mécanique ? Je m’interroge…

    • Les profs seraient des « hyper-français » ? J’aime assez cette expression

      • Je vends cette expression 5€, à usage illimité, traductions inclues ! (je décooonne)

        N’oubliez pas de me citer quand vous l’utiliserez ! (je décooonne, un peu)

        Moi aussi, je suis content de ma trouvaille (je déconne pas:-)

  9. Texte construit en ne modifiant que très peu le vôtre :

    Quelqu’un d’autre que vous s’est amusé à une petite expérience « démagogique ».

    Il avait pour l’occasion écrit un article bidonné montrant des images de rats cancéreux et glissé ce papier dans une revue scientifique.
    Que croyez-vous qu’il advint ? Ces crétins de journalistes ont recopié le contenu de l’article sans chercher à croiser avec une autre source.

    Cette petite expérience a valu au faussaire les honneurs des médias. Ses amis, l’y ont trouvé excellent et pertinent. Seuls quelques esprits chagrins ont critiqué sa démarche. Il faut dire que ces derniers sont des partisans des statistiques. Certains en font même l’enseignement à leurs élèves !!

    Il est néanmoins devenu le porte-parole de tous ceux qui mettent en avant les dangers de la science. Il est évident désormais qu’il est extrêmement dangereux d’habituer les journalistes à publier n’importe quoi qui fait vendre au risque de les amener à être confrontés un jour à ce type de bêtise.

  10. […] Ajout du 4 janvier 2013 : Amusant petit billet qui « relate » la même expérience au CDI avec un livre papier : « Comment j’ai pourri le cdi«  […]

  11. […] Je me suis amusé à une petite expérience « pédagogique ». J’ai donné une recherche à réaliser au cdi à mes élèves sur les grands personnages de la révolution française. Mais j’avais pris soin de gl…  […]

  12. Juste pour revenir sur ce qui a été dit dans un précédent commentaire :

    « Parce qu’un cdi ou une bibliothèque sont des lieux dont les contenus ont été filtrés par des adultes formés […] on peut s’y informer sans craindre l’erreur de sources et de véracité. »

    C’est entièrement faux. Je suis certain qu’on peut trouver des livres de qualité très douteuse dans un bon nombre de CDI, et c’est normal, parce qu’on ne peut pas être formé pour toutes les matières, et donc que même un « adulte qualifié » ne va pas forcément savoir se rendre compte que tel livre, bien que largement vendu et écrit par un auteur connu, ne mérite pas sa place dans un CDI.

    Je suis prêt à parier qu’on peut, à l’heure actuelle, trouver le Métronome dans Lorant Deutsch dans pas mal de CDI, et ce malgré son contenu peu fiable. On remarquera en passant qu’on tombera sur des erreurs dans ce livre qu’on aurait jamais croisées sur Wikipedia.

    Bref, tout ça pour dire qu’il ne faut pas idéaliser ce controle par des « adultes qualifiés », parce qu’il ne peut matériellement pas être infaillible. Beaucoup moins, même, que le contrôle permanent par de multiples utilisateurs sur Wikipedia.

    • Bonjour Cthulu,

      Personnellement dans mon job , on ne ma jamais demandé d’être infaillible sur Paris.
      Est ce d’ailleurs important pour plus tard dans la vie?

      Peut être vaut il mieux faire plutôt des cours de courtoisie , de tolérance, de savoir écouter les autres, de la remise en question, de l’échec, de la réussite..

      Autant des choses qui ne sont jamais abordés en classe..On préfère, tel l’apprentissage made in 1960, nous abreuver de formules mathématiques des plus débiles, ou d’être pointilleux sur un truc dont on ne se servira plus jamais par la suite..
      Bon je vous titille..
      Mais ces profs là qui débitent des formules, des trucs littéraires pointilleux, ne servent pas réellement vis a vis de l’apprentissage des autres,du comment aborder les autres , des terrains inconnus, des problèmes, de la résolution..

      Oui des cours sur l’échec que beaucoup de jeunes connaissent serait a mon avis beaucoup plus formateur que les termes erronés du livre de Mr Deutsh.
      Mais bon ce n’est que mon avis..

    • Bonjour Cthulhu,
      Je veux bien admettre que des ouvrages peu fiables peuvent atterrir dans un CDI, mais je veux croire que c’est très marginal car j’ai confiance dans mes collègues documentalistes, qui ont certainement reçu une formation au croisement des sources d’un autre niveau que celui que l’on promet aux élèves qui utilisent Wikipedia, et en mes collègues de différentes disciplines qui demandent au CDI de se procurer tel ouvrage.
      De plus, je crois très exactement le contraire de ce que vous affirmez avec les « erreurs dans ce livre qu’on aurait jamais croisées sur Wikipedia. » : Wikipedia, comme le web en général, est mouvant et changeant, par nature. Le nombre considérable de contributeurs limite le contrôle en temps réel par des « vigies » sérieuses et fiables.
      L’avantage d’un support comme le livre, bon ou mauvais, c’est qu’il ne change pas : quand un bouquin comme celui de Deutsch est éreinté par les professionnels, cela demeure. Quand vous envoyez vos élèves sur tel site, comme Wikipedia, vous ne pouvez pas complètement assurer qu’il contienne toujours la même chose que ce que vous y avez lu.
      Les seuls sites fiables sont les institutionnels et on en vient donc à un changement de support, mais pas à une révolution : encourager l’utilisation de wiki n’est pas la panacée pour l’apprentissage, au mieux un outil pratique, que j’utilise aussi d’ailleurs.

  13. en quoi les livres racistes , antisémites, etc… ne sont pas de bons livres ?
    Cela forme l’esprit..Ou alors vous révisez l’histoire ou vous prenez les gens pour des andouilles..
    Ces révisions de l’histoire me font bien rire..Cela change au gré du vent.. Bientôt Bonaparte , hier, enchanté, est devenu ce jour un ignoble tyran..
    L’histoire faite par les profs et non par l’histoire.

    Bientôt peut être dans 100 ans, on s’apercevra que toutes les religions actuelles sont bidons et on se moquera de nous, avec nos batailles religieuses.. car nous croyons détenir, arrogant que nous sommes , connaitre l’état de l’art, a force de révision de l’histoire suivant la pensée du moment….
    Les religions, vaste sujet de fumisterie.

    Aujourd’hui, nous prenons les anciens grecques avec leurs dieux pour des débiles, mais nous même nous interdisons à nos enfants de manger du porc, ou du saucisson..Ou parfois d’autres nous l’interdisent d’une manière indirecte ! comme les cantines..

    Vous n’êtes peut être qu’un illusionniste sans même le savoir, car le savoir c’est peut etre demain..

    Et vous d’ailleurs, qui dit que Robespierre, Danton , dont vous faites l’apologie, n’étaient pas eux mêmes racistes, car ils ont conduits des centaines de gens à l’échafaud de façon la plus expéditive qui soit.

    Le bien pensant pense que les autres n’ont pas la capacité à penser..Et y en a marre de la bonne pensée, destinée a tout nous faire avaler en tube.. Non Messieurs les humains ne sont pas que des huitres !

    On devrait ainsi imposer aux élèves de lire des livres racistes , immorales pour bien en voir les contours ou la déviance humaine. Je doute fort que l’état accepte cela..

    L’état a inventé une nouvelle mayonnaise en tube de sa trousse magique .. La tablette.. avec des infos fermement contrôlées.

    Que feriez vous si a l’époque de 40, à paris , vous entendiez les bruits de botte de l’armée allemande faisant des rondes, en bas de chez vous.. Vous seriez plutôt dans la résistance ou plutôt dans les délateurs ?
    Voila une bonne question à poser à vos élèves..

    Et comme nous lançons aujourd’hui de grandes leçons de morales sur l’histoire durant la guerre, et bien je crains et suis même sur, que devant la peur des bruits de botte dans l’escalier, bon nombre de nos citoyens moralisateurs seraient plutot du mauvais cotés..contrairement à bon nombre de nos parents.. ! Malgré tout ce que nous dit la télévision adepte de la repentance.. Télé en tube, à avaler quoi !

    La morale de merde m’emmerde !
    Les vieux qui critiquent les jeunes m’emmerdent !
    Vous avez vous de la chance de vivre dans un monde ou le boulot existait ..pas sur pour eux !
    La France est devenu vraiment glauque….

  14. J’ai du mal à comprendre votre démarche. Je vois bien que vous cherchez à vous attaquer au fameux « pourrisseur du web » mais il me semble que vous échouez complètement. Cela tient d’abord et surtout au fait que ce dernier avait demandé à ses élèves de réaliser un exercice ne nécessitant aucune recherche documentaire : on ne peut donc pas dire qu’il ait cherché à humilier ses élèves en les piégeant puisque ceux-ci n’étaient pas censés utiliser des informations extérieures (vraies ou fausses) et n’auraient donc pas dû tomber dans le piège. Les professeurs de français passent leur temps à essayer de faire comprendre aux élèves que le commentaire de texte ne consiste pas à rapprocher la vie de l’auteur de ce qu’il a écrit (même s’il peut arriver que ce soit pertinent, ça doit rester secondaire). Les lycéens ont souvent du mal à comprendre ce point et se rassurent sur la validité de leur production en remplissant leur copie de connaissances trouvées dans les livres ou sur le web, au lieu de se concentrer sur l’analyse du texte. C’est d’abord cela que le « pourrisseur du web » voulait leur reprocher, en leur montrant que leur interprétation repose trop souvent sur une information sans rapport avec le fond du texte (et c’est d’autant plus évident lorsque l’information en question est fausse). J’avais ainsi un prof de philo qui nous racontait que, pour un devoir en classe, il avait changé le nom de l’auteur, afin de montrer à ses élèves qu’ils n’analysaient pas le texte mais plaquaient des connaissances extérieures qui les empêchaient de lire ce qui était vraiment écrit (je ne sais pas s’il l’avait vraiment fait ou si c’était juste une manière de nous faire croire qu’il pouvait le faire pour nous inciter à ne pas sombrer dans ce travers). Votre comparaison est donc bancale sur ce point.

    Par ailleurs, en fait, si votre expérience était réelle, elle pourrait servir : les élèves pourraient alors se rendre compte qu’une seule source, ce n’est jamais assez (surtout pour une période aussi abondamment étudiée), quel que soit son support. Un révolutionnaire mentionné nulle part sauf dans un livre référencé nulle part, c’est plus que louche. Je pense que ce serait un peu avancé pour des lycéens (à vrai dire, je parierais volontiers que la plupart d’entre eux se contenteraient de l’accès internet du CDI, n’ouvriraient pas le bouquin et ne tomberaient pas dans le piège), mais c’est un exercice qui ne manquerait pas d’intérêt avec des étudiants, priés de développer leur sens critique dans leurs recherches bibliographiques. Testis unus, testis nullus, comme disent les juristes (et que Desproges traduit délicieusement par « on ne va pas bien loin avec une seule couille ») : voilà un précepte qu’il serait bon que les élèves intègrent.

    Quant au caractère humiliant, dans ce genre de canular (qui peut se retourner : plusieurs khâgneux de ma connaissance avaient ainsi perturbé leur prof de français en faisant référence à un critique de leur invention), il est loin d’être automatique. Dans l’affaire à laquelle vous faites référence, les élèves savaient très bien qu’ils n’auraient pas dû faire de recherche documentaire et se sont donc trouvés dans la position du piégeur doublement piégé (non seulement ils ont cherché des informations, mais en plus, ils se sont fiés sans vérification sérieuse au premier truc qu’ils ont trouvé), ce qui n’est pas particulièrement humiliant, surtout s’il n’y a pas de conséquences dramatiques (ils ont triché et se font fait pincer par plus malin qu’eux : pour la plupart, ils considèrent que c’est de bonne guerre). Dans votre cas théorique, les élèves, lancés exprès sur une fausse piste, auraient davantage matière à mal prendre la chose.

    Bref, première erreur : vous confondez deux exercices très différents (recherche documentaire historique et commentaire littéraire), ce qui rend toute votre comparaison malvenue ; deuxième erreur : vous prêtez des intentions perverses à l’auteur du canular (alors qu’il ne s’agit pas d’humilier les élèves mais de leur démontrer qu’ils perdent du temps à chercher des informations sans intérêt pour l’exercice demandé) ; troisième erreur : vous surinterprétez les conclusions (le problème n’est pas de se servir ou non d’une ressource documentaire, c’est de savoir s’en servir). Du coup, votre texte tombe à côté de la plaque.

    • Amélie, je en m’attaque pas au « pourriseur du web » mais à ses conclusions et sa méthode.

      Je reconnais dans votre sa défense « officielle », mais qu’elle soit présentée sur son site ou copié-collée ici, elle ne me convainc pas.

      Ainsi donc selon vos dires et les siens, ma comparaison serait bancale parce qu’il aurait demandé à ses élèves un commentaire de texte.
      Je ne suis aps prof de lettres mais il me semble qu’on est en droit d’attendre des élèves qu’ils situent le texte dans l’oeuvre et dans la vie de l’auteur, qui plus est quand il s’agit d’un exercice à réaliser à la maison. Je me mets à la place de l’élève : « c’est à faire à la maison, donc le prof attend de nous un minimum de recherche pour situer cette oeuvre. ». Il a tord ?

      Deuxième raison pour laquelle je en peux être convaincu par cette défense : je me souviens des propos tenus dans les médias par Loys Bonod. Il s’agissait bien de remettre en cause l’intérêt du web en général et pas seulement pour ce type d’exercice. Relisez donc sa « morale de l’histoire » sur son site !

      Quant à l’absence de côté humiliant de la démarche, je serai prêt à le croire si son auteur n’était pas aussi actif dans un forum où l’on ne cesse de tenir des propos que je n’accepte pas à l’encontre des élèves (ou d’une grade partie d’entre eux)

      • Une remarque en passant : vous vous attaquez bien au pourrisseur du web puisque vous lui faites un procès d’intention pour sa seule participation à un forum où des gens semblent tenir des propos qui vous gênent.

        De plus, je ne suis pas non plus prof de lettres mais, à propos du commentaire de texte, il me semble que vous devriez lire Proust et son « Contre Sainte-Beuve » : vous y verrez justement le contresens que l’on peut commettre en pensant faire sens en reliant l’oeuvre et l’auteur. Ce n’est pas la méthode historique…

      • Pas de procès d’intention : a-t-il lui même réagi aux propos peu amènes à l’encontre des élèves tenus sur ce forum par ses admirateurs ? pas à ma connaissance.

        Par contre je remarque que pour lui comme pour vous, l’appartenance syndicale de tel ou tel collègue suffit à lui faire un procès d’intention …

        Pour la méthode, trouvé au hasard : http://www.etudes-litteraires.com/methode-commentaire-compose.php

      • N’ayant rien relu de ce qui concerne cette affaire depuis des mois, je n’ai pas fait un copié-collé (ou alors, inconsciemment) mais je n’ai évidemment aucun moyen de vous prouver ma bonne foi. J’ai tenu le même raisonnement, parce que c’est celui que tous mes profs de lettres m’ont tenu (et que j’ai répété à mon tour). Un texte littéraire doit d’abord s’expliquer par soi-même et non par des connaissances externes. Les élèves le savent, parce que leurs profs de lettres le leur serinent à longueur de temps et déplorent systématiquement que la perspective biographique soit la seule envisagée dans la plupart des copies, alors qu’elle ne correspond pas à ce qu’on leur demande. Que ce soit dans un devoir à la maison ou en classe, non, un prof de lettres ne s’attend pas à voir la copie remplie de connaissances sur la vie de l’auteur, surtout si celui-ci est un quasi inconnu. On donne aussi des devoirs à la maison parce que des plages de quatre heures pour faire un devoir en classe, ça ne se trouve pas toujours facilement, il n’y a pas nécessairement de recherche à faire. En allant chercher des informations (qui, même exactes, n’auraient pas fait avancer la qualité de leur commentaire d’un iota), les élèves ont perdu du temps et n’ont amélioré leur compréhension ni du texte, ni de l’exercice. L’auteur du canular voulait leur prouver que ces informations, loin de les aider, leur mettaient des œillères. Il voulait aussi sans doute vérifier la proportion de ses élèves qui espéraient améliorer leur devoir en le truffant de connaissances encyclopédiques inutiles et il voulait probablement attirer leur attention sur le fait que tout ce qu’on trouve sur internet n’est pas vrai (de même d’ailleurs que tout ce qu’on trouve dans les livres). Enfin, il me semble qu’il y avait aussi des sites de vente de devoirs corrigés : là, franchement, on est dans la triche pure de la part des élèves.

        Pour le reste, je n’ai pas assez suivi cette affaire ou son son auteur (dont j’avais oublié le nom) pour être sûre de ses intentions. Mais je ne pense pas que beaucoup d’élèves se seront sentis humiliés d’avoir été pris à leur propre jeu : ils savent très bien que, s’ils avaient suivi les règles (ou s’ils avaient été assez malins), ils n’auraient pas été piégés. Au contraire, dans votre expérience de pensée, c’est en suivant les consignes que les élèves seraient piégés : là, ce serait humiliant. C’est pour moi une différence suffisamment importante pour invalider la comparaison, voilà tout.

  15. « J’ai pu lors de la correction leur montrer tous les dangers du livre. On peut en effet y trouver tout et n’importe quoi ; je leur en avais apporté la preuve »

    >> Au risque de vous décevoir (ou complimenter ?), vous nous apportez par ce post inintéressant et sans fond que c’est sur Internet qu’on trouve de tout, mais surtout du n’importe quoi. Merci de nous en avoir apporté la preuve sans le vouloir… !

    • merci à vous pour votre commentaire constructif.
      C’est parce que vous aviez peur de n’avoir pas bien compris ce post (à juste titre) que vous y intervenez sous un courageux pseudo ?

      • A lire l’allusion à peine voilée dans votre réponse, on se demande qui devrait retourner à l’école (mais sur le banc cette fois…).
        Je comprends mieux maintenant (comme quoi vous voyez, nous ne sommes pas tous des imbéciles) le titre de votre blog : « peut mieux faire ». Par contre, je trouve c’est très bien coté…

        Sur ce je vous laisse à vos combats, car je lis des livres papier, moi.

      • Votre dernière phrase montre que vous n’aviez vraiment pas compris l’objet de cet article.

        Quant au titre du blog, je pense simplement que les profs pouvons mieux faire. Si vous aviez pris la peine de lire d’autres posts, vous auriez compris ca aussi.

  16. Vous m’étonnez à parler des « admirateurs » de Loys Bonod : il ne me semble pas y en avoir.
    En revanche, le déferlement de haine suite à la publication de son expérience a dépassé les bornes : je vous rappelle que certains de vos ami(e)s appelaient à la délation aux inspecteurs.
    Personnellement, j’ai du mal à leur trouver des excuses.

    Ensuite, vous ne pouvez pas sérieusement le rendre comptable des propos de membres d’un forum auquel il participe: combien de milliers de membres sur ce forum ?
    Analogie (puisque vous aimez bien ça) : lorsque l’un de vos camarades syndiqués (je ne sais plus si c’est au SGEN ou à l’UNSA) a balancé qu’il ne pouvait pas considérer les gens s’opposant au socle comme des collègues, je ne crois pas vous avoir vu publier un billet appelant à déchirer sa carte.
    Heureusement : je ne vous tiens pas responsable des propos les plus extrêmistes de vos camarades.

    Enfin, concernant votre lien : il nous faudrait l’avis d’un expert, mais j’ai bien l’impression que cette méthode montre l’importance négligeable de la vie de l’auteur dans un commentaire composé.
    A voir.

  17. […] Je me suis amusé à une petite expérience « pédagogique ». J’ai donné une recherche à réaliser au cdi à mes élèves sur les grands personnages de la révolution française. Mais j’avais pris soin de glisser parmi les Robespierre, Danton et la Fayette un illustre inconnu (et pour cause car tout droit sorti de mon imagination !) Louis Binid, marquis de Pronoef, noble éclairé. J’avais pour l’occasion écrit et édité un faux livre retraçant la biographie dudit marquis et glissé cet ouvrage dans les rayonnages du cdi.  […]

  18. L’auteur a une couche, mais une de ses couches, vraiment… Et quel prétentieux. Ce billet en est dégoulinant de niaiseries et d’auto-complaisance. Fantasmer ainsi sa vie en copiant son idéal, tenter désespérément de se projeter – par le fantasme – dans des sphères « rêvées », tout en n’ayant pas l’ombre d’un titre honorable, ça ne va pas haut; c’est euphémisme de le dire. Allez, bon courage !

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