Réflexions personnelles sur notre système éducatif et son actualité

« Enseigner l’esprit d’entreprendre à l’école », du jugement hâtif à l’expérience vécue

In Au piquet, Salle de classe on 28 octobre 2016 at 16 h 22 min

Un article de Lucie Tanguy paru il y a quelques jours dans The Conversation met en cause les projets de minientreprises mis en place depuis plusieurs années dans les collèges et lycées.

Je participe depuis plusieurs années à la création de ces mini entreprises avec mes élèves en partenariat avec EPA (cité dans l’article) et depuis peu en croisant avec les outils de la plateforme de ressources de l’ESS. Cette année, du reste, ce projet se fait sous la forme d’un EPI qui concerne l’ensemble des disciplines et les collègues ont su lui donner un nouvel élan qui m’a vraiment étonné.

Je ne suis absolument pas d’accord avec cet article. L’auteur aurait dû aller sur le terrain voir ce qui se fait vraiment plutôt que d’enquêter à partir des documents écrits et de rester sur ses a priori.

Des erreurs

Aussi, j’ai repéré plusieurs erreurs ou approximations plus que malheureuses dans cet article :

« La création et le fonctionnement des mini-entreprises s’accomplissent sous la direction d’un représentant de l’association ». C’est faux. Le projet se fait sous la direction des enseignants qui utilisent comme bon leur semble les outils fournis par EPA. Le représentant d’EPA intervient (ou pas) à leur demande et n’a qu’un rôle d’accompagnant dans la démarche. Rien d’intrusif.

« Les noms attribués aux mini-entreprises révèlent bien qu’il n’y a pas de véritable travail dans la fabrication de leurs objets ». Faux là encore. Certains projets sont très ancrés autour de la fabrication, mon collègue de technologie pourrait en témoigner en commentant ce document et cette photographie issus du projet d’il y a deux ans. D’autres non car les mini entreprises choisissent parfois la sous-traitance de la fabrication, d’autres encore font le choix de développer un service. Bref une découverte de l’économie.

dossier-techfab

« EPA, comme toutes les associations répertoriées affirment avoir, avant tout, pour objectif de transmettre « la culture d’entreprendre », « l’esprit d’entreprise » qui se définissent par les principales qualités à faire acquérir aux jeunes : motivation, enthousiasme, autonomie… Comme le traduisent les récits et observations recueillis. » Si EPA affiche comme objectif de faire découvrir l’esprit d’entreprendre (et non d’entreprise) et le travail d’équipe (est-ce mal?), les enseignants y voient plutôt la possibilité de faire découvrir le fonctionnement de l’entreprise à des élèves qui y travailleront plus tard pour la majorité. Le pari peut être de penser que ces derniers seront plus à même de s’y retrouver (voire de s’y défendre?) s’ils connaissent mieux ce monde. C’est donc l’idée même d’un partenariat. Chacun s’y retrouve.

Notons que toutes les écoles d’ingénieurs proposent de tels projets. Faut-il les réserver à notre seule « élite » ?

« Les profils de poste de direction affichés dans un lycée pour recruter des candidats ne mentionnent aucune exigence autre que des attitudes et des dispositions comportementales » . Faux ! Mes élèves élus gérants font actuellement passer leurs entretiens d’embauche et ils veillent à placer leur camarade au poste dans lequel ils pourront s’épanouir grâce aux compétences qu’ils possèdent. Ces derniers les ont bien mises en avant dans leur cv et lettres de motivation. C’est aussi ce qu’il y a de très positifs dans un tel projet : chacun est mis en valeur en fonction des savoirs et compétences qu’ils maîtrisent ou sait développer. Voilà donc un projet qui reconnaît l’importance de chacun, l’apport de chacun. Notons que l’an dernier mes élèves avaient prévu un plan de formation pour qui voudrait développer de nouvelles compétences.

« Au lieu et place de ceux-ci, il importerait plutôt de concevoir un enseignement qui intègre les connaissances et leur mise en œuvre dans un travail produisant des biens et services socialement utiles, de sorte à concilier les impératifs économiques, démocratiques et de justice sociale. » L’auteur peut se rassurer, je reconnais dans ces derniers propos ce que je fais avec mes élèves avec ces projets.  D’une part, chaque année, les élèves ont choisit de créer une société coopérative (c’est le cas de la quasi totalité des minientreprises). Et les outils d’EPA permettent et encouragent la création de SCOP. Assemblée générale, vote démocratique, charte de valeurs, parité … font partie intégrante du projet. Les outils proposés induisent aussi une réflexion sur l’utilité sociale du produit ou service fourni. Mes élèves créent également un syndicat et élisent un délégué du personnel. Ça n’a jamais dérangé l’association partenaire, bien au contraire.

Pas de complot ultralibéral

J’entends déjà ceux qui adorent jouer les avant-garde du prolétariat derrière leur écran crier au grand complot du capitalisme mangeur d’hommes, de la marchandisation et de l’uberisation de l’école comme le fait sur la fin Lucie Tanguy. Dans les faits, on en est bien loin …

Le discours tenu par cette association et les enseignants qui s’engagent tournent autour de la reconnaissance des projets collectifs et des personnes comme valeurs premières dans l’économie (j’invite l’auteur ou les adeptes des théories du complot à écouter les propos tenus dans les vidéos le jour du concours).

J’ai toujours pu remarquer la grande ouverture d’esprit des personnes croisées dans ces projets, y compris des « entrepreneurs ». Ces derniers ne sont en rien des requins du capitalisme (ceux là ne semblent pas s’investir dans ce type de partenariat et c’est tant mieux). Ceux que mes élèves ont rencontré ont franchement apporté aux élèves et dans le respect des règles de neutralité : que ce soit cet ancien sportif de haut niveau qui a créé son entreprise comme reconversion , ou encore l’un des créateurs d’Ankama …

Je terminerai enfin par raconter la remise des prix de l’an dernier. J’y ai vécu là un des moments, (le moment ?) les plus positifs de ma carrière de prof. La minientreprise primée a été celle d’élèves d’une IME, avec des handicaps très lourds. Ils avaient bâti leur projet autour de leur handicap voulant montrer qu’ils avaient leur place dans l’économie, avec un vrai esprit militant (allant jusqu’à l’autodérision dans le clip publicitaire qu’ils avaient produit). Quand le résultat a été proclamé, standing ovation des 2000 jeunes présents pendant que les lauréats montaient sur scène ( et vu leur handicap, ils ont mis du temps à monter). Tous les profs présents étaient très très émus non pas de cette récompense mais de la réaction des autres élèves qui avaient oublié leur déception de ne pas être récompensés devant la leçon d’humanité, de citoyenneté, d’économie sociale et responsable qu’il venait de vivre.

D’une manière générale, du reste, ces projets marquent les élèves. J’ai ainsi appris récemment qu’une ancienne élève devenue assistante d’éducation avait lancé un club mini entreprise là où elle travaille.

Prompts (à juste titre) à dénoncer les caricatures dont ils sont affublés, les enseignants devraient aussi apprendre à ne pas tomber eux-mêmes dans la caricature.

Enfin, il faut aussi faire confiance aux collègues qui savent être suffisamment vigilants pour que de tels partenariats soient positifs.

Evaluer par paliers : pourquoi ? Comment ?

In Salle de classe on 6 juillet 2016 at 17 h 35 min

Innover dans sa classe, ce n’est pas penser qu’on a trouvé une solution miracle , c’est continuer à tâtonner, se remettre en question, chercher toujours plus d’efficacité et surtout continuer à chercher, à modifier, à adapter tant que TOUS les élèves ne sont pas en situation de réussite. Bref, c’est tout le contraire de ce que décrivent les contempteurs du « pédagogisme », ceux qui trouvent dans l’immobilisme ou la réaction le confort d’une position qui ne fait reposer l’échec que sur les épaules de celui le subit.
Aussi, après quelques années d’évaluation sans notes, il convenait de passer à une nouvelle étape afin d’essayer d’atteindre certains des objectifs que l’on s’était fixés au début de cette expérience : prendre en compte les rythmes d’apprentissages différents d’un élève à l’autre, pratiquer une évaluation basée sur les progrès, et effectivement rendre l’évaluation au service des apprentissages.
La mise en place d’un nouveau socle commun, la réécriture des programmes, la nécessaire réflexion autour de l’accompagnement personnalisé ont offert un cadre propice pour passer à cette deuxième phase.

Un livret de compétences/capacités disciplinaires et ses paliers

Pour chacun des cycles, j’ai mis en place (avec l’aide d’Olivier Quinet) un nouveau livret de compétences/capacités reprenant celles du nouveau programme reliées à celles du socle. Surtout, pour chaque capacité, je fournis aux élèves les critères pour atteindre les paliers successifs. L’idéal aurait été de prendre une peu de temps pour en construire quelques -uns avec les élèves dans une perspective d’évaluation formatrice. Une progressivité est proposée entre le cycle 3 et le cycle 4. J’ai choisi de prendre l’image des paliers pour ces repères de progressivité, celle de ceintures ou de brevets aurait bien entendu pu convenir.

le livret 6e

le livret cycle 4

Ces tableaux de capacités et leurs échelles descriptives ont servi de base de départ à ceux qui figurent dans les manuels lelivrescolaire. Le travail coopératif a permis de les simplifier et de les améliorer. Il convient sans doute  à chacun de les adapter à ses élèves, à sa manière de travailler, à ses objectifs…

Evaluer par paliers d’acquisition

Ces grilles étaient bien évidemment utilisées par les élèves pendant leurs activités d’apprentissages, comme guide ou comme outil d’auto-évaluation.

Mais elles ont aussi et surtout été utilisées pendant les évaluations de différentes manières :

  • Permettre une évaluation fine d’une capacité

Il s’agit ici de la façon la plus simple et courante d’utiliser ces paliers d’acquisition : à la lecture d’une production d’élève, chercher quels critères sont bien présents afin de la situer. Les tâches écriture sont bien adaptées à cette utilisation. Quand l’élève termine suffisamment tôt son travail il est intéressant de lui demander de s’autoévaluer.

 

raconter

 

 

 

 

criraconterLa remédiation est toute trouvée : il suffit de demander à l’élève d’améliorer son texte  en visant le palier suivant.

 

  • Proposer une progressivité

Dans d’autres cas, l’exercice d’évaluation proposait aux élèves une progression pour la même capacité évaluée, du palier 2 au 4.

Un exemple en histoire autour de l’analyse d’image :exo paliers successifs

imageUn autre sur la maîtrise du vocabulaire : exvocvoc

  • Laisser le choix du palier visé

Pour d’autres évaluations, d’autres capacités, le choix a été laissé aux élèves de choisir le palier d’acquisition visé. Il s’agit sans aucun doute de l’utilisation la plus intéressante.  Des coups de pouce sont proposés aux élèves afin qu’ils puissent tous réaliser la tâche demandées. Voilà qui rend l’élève acteur de sa progression (et qui évite au passage les copies blanches). A noter que pour les capacités travaillées à de nombreuses reprises, on a pu constater de vrais progrès, tous les élèves terminant l’année au palier 4 pour certaines d’entre elles.

Un exemple en géographie :ex croquis

Des pistes à approfondir dès septembre car « Peut mieux faire » sans doute.

Les manuels, la réforme du collège et la « spécialiste »

In Au piquet on 24 mai 2016 at 21 h 08 min

La semaine dernière, madame Fathia Boudjahlat publiait un article sur le Huffington Post(1). Après l’avoir lu une première fois en diagonale, avec un soupir de désespoir au vu de sa pauvreté, l’avoir dans un premier temps mis au rebut avec l’ensemble des propos de tous ceux qui critiquent tout avec l’obstination de lemmings approchant d’une falaise sans jamais rien proposer d’autre que des appels à l’indignation, nous avons décidé de répondre à cette dame. Nous aurions pu le faire à partir d’autres articles de cette secrétaire nationale pour l’éducation du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) (2), par exemple un de ceux qu’elle a signé pour Causeur (publication célèbre pour son ouverture d’esprit et sa défense des valeurs républicaines… ), mais il aurait fallu les citer, et ça, on n’a pas réussi.

Nous nous sommes donc mis à plusieurs pour rédiger ce texte, histoire de ne pas en porter seuls le fardeau. Ce que vous y perdrez, chers lecteurs, en cohérence, nous l’avons gagné en santé mentale.

Toutes les références se trouvent citées en bas de page. Ce sont de saines lectures que l’on vous conseille, en guise de cure de détox après la lecture des propos de madame Boudjahlat (et des nôtres, du coup). Installez vous confortablement, ça va être un peu long.

 

…Et c’est l’occasion de juger de l’application de la réforme des collèges sur pièce.

On ne voit pas très bien le rapport entre les publications d’un éditeur privé et la réforme du collège. Évidement, les manuels scolaires sont censés se fonder sur les programmes qu’ils interprètent et les nouveaux programmes font “un peu” partie de la Refondation de l’école voulue par Vincent Peillon. Quoique. Si on regarde le “manuel” proposé par M. Casali et ses copains, on peut légitimement en douter.

Bref, pour juger de la réforme, le mieux ne serait-il pas de regarder la réforme elle-même, voire les programmes ? Rappelons à toutes fins utiles que les enseignants ne sont pas payés pour suivre les instructions des manuels mais pour respecter les programmes officiels. C’est d’ailleurs à cela qu’ils sont formés. C’est même le coeur de leur métier. Il faut donc croire, que madame Boudjhelat, qui annonce dans sa biographie être enseignante, ne fait aucune confiance à ses propres collègues pour faire correctement leur travail.

Pire, elle laisse croire (et elle n’est hélas pas la seule…) à l’opinion publique que les professeurs ne font que suivre les manuels.

 

L’Enseignement Pratique Interdisciplinaire invitant à travailler sur l’électrocution de Claude François a suscité un amusement et une consternation légitimes. Ce manuel de l’éditeur Bordas ne faisait pourtant que respecter l’esprit de la réforme.

Nous ne saurions trop conseiller à madame Boudjahlat de les relire, ces fameux textes de la réforme. Et comme nous sommes des gens sympathiques, nous lui livrons ici celui qu’elle a du louper (ou pas bien comprendre) concernant les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) :

Les EPI s’adressent à tous les élèves du cycle 4. Mobilisant au moins deux disciplines, ils permettent de construire et d’approfondir des connaissances et des compétences inscrites dans les différents programmes d’enseignement. Ils s’appuient sur une démarche de projet et conduisent à une réalisation concrète, individuelle ou collective.” (3)

Donc, oui, cet exercice qui se fonde sur un fait divers vieux de plus de 40 ans était un peu consternant, mais finalement, qu’est ce qui est le plus consternant ? Qu’il ait été désigné comme un EPI par les auteurs et les éditeurs de manuels ? Ou que de nombreux enseignants aient imaginé plus de 3 secondes qu’il s’agissait d’un EPI ?

Où est la réalisation concrète ? Le travail d’équipe ? C’est à la limite une “tâche complexe” de deux ou trois heures. Et quoi qu’on en dise, le sujet peut avoir son utilité quand on sait que 200 personnes meurent chaque année électrocutées et que chaque mois, en France, un jeune enfant meurt victime d’une électrocution. Que le cours de physique serve à la prévention, finalement, ce n’est guère choquant. Pas de quoi en faire un #cloclogate. 

 

Tout comme cet exercice consistant à transformer en lettre un sms incompréhensible, même pour les élèves.

Le “langage” SMS est un code. Et pas seulement réservé aux adolescents. Le premier SMS date de 1993…. cela fait 23 ans (l’âge de certains lauréats des concours d’enseignement, tiens, puisqu’on en parle…). À l’époque, le nombre de caractères étant limité et les forfaits non illimités, on utilisait un code pour abréger les mots. Donc, plutôt qu’une pratique de d’jeuns, disons qu’il s’agit d’une habitude prise par les pionniers des SMS (qui sont aujourd’hui des “vieux” d’au moins 35 ans) et transmise ensuite… une sorte d’argot technologique en somme. Apprendre à le décoder des SMS et montrer aux élèves qui n’en seraient pas déjà convaincus qu’un code ne fonctionne que si les deux personnes qui communiquent ont le même, pourquoi pas ? Tout enseignant digne de ce nom pourra très bien utiliser cet exercice pour déboucher sur l’idée que le français est un code dont la richesse est préférable. Nous ne voyons pas où est le souci. Et puis, il n’y a pas de mal à vouloir faire feu de tout bois pour faire écrire des textes aux élèves. Bon, par contre c’est en contradiction avec les idées éducatives du MRC pour qui la seule parole du maître est l’alpha et l’omega de la pratique pédagogique…

 

Quand des agrégés qui confectionnent les manuels essaient de parler comme des jeunes, essaient de trouver des activités tirées de leur vécu, cela donne des pages navrantes: exercice de maths sur le nombre de smileys utilisés, exercice de « speed-reading », étude de « punchlines » du rappeur Youssoufa comparées aux épigrammes antiques, comparaison entre Hector et un joueur du PSG pour appréhender la notion d’héroïsme…

Les intéressés apprécieront la haute estime que cette dame a pour eux.

Une partie du problème vient peut-être des auteurs de manuels d’ailleurs. Des agrégés, donc censés avoir été formés pour enseigner au lycée général et à l’université rédigeant des manuels pour des collégiens… Puisque les manuels sont censés proposer des pistes pédagogiques, pourquoi ne pas demander aux principaux utilisateurs de les réaliser ? Des certifiés, qui ont vocation à enseigner au collège ne sont pas assez bon pour ça ? Pourquoi devraient-ils toujours être cornaqués par des agrégés ? Pour faire plus “sérieux” ? Heureusement que tous les éditeurs ne sont pas de cet avis.

Quant à comparer Hector et un joueur du PSG… Et si l’idée était justement de réfléchir au fait que l’un soit plus héroïque que l’autre ? (On vous laisse deviner lequel.)

 

Les manuels ont été fabriqués pour respecter le contenu des nouveaux programmes mais également les nouvelles modalités de l’architecture pédagogique qui nous viennent du monde anglo-saxon: le spiralaire, le curriculaire, le transdisciplinaire.

“Que d’air ! Que d’air !”

Ce qui est bien avec le jargon professionnel, c’est qu’on peut prendre le temps de l’expliciter. Ce qui coince souvent avec le jargon professionnel c’est qu’il faut justement être un professionnel pour le comprendre. Heureusement, la dame va vous expliquer à quel point ces mots sont épouvantables. Quitte à se mettre le doigt dans l’oeil jusqu’au coude.

 

Le Spiralaire. Les programmes sont organisés en spirales pluriannuelles. Le Cycle 1 concerne les classes de maternelle; Cycle 2: les classes de CP, CE1, CE2; le Cycle 3: CM1, CM2, 6èm; le Cycle 4: 5èm, 4èm, 3em. (sic)

Par pure charité nous ne relèverons pas l’hérésie typographique que constitue cette dernière phrase….

Nous nous contenterons de conseiller à l’auteur de ces lignes la définition préalable des termes qu’elle conspue.

Pour le spiralaire, il faut aller aller lire Bruner. Selon Bruner, un enseignement efficace doit mettre en avant les idées générales, les principes, les abstractions et autres structures profondes. Ce postulat l’a conduit à définir la progression spiralaire, qui consiste à revenir sur les connaissances acquises précédemment en les enrichissant, en ajoutant à chaque fois des informations plus détaillées.” (4) C’est un truc épouvantable, non ?

Parce que pour madame Boudjahlat, la seule bonne organisation des programmes c’est le chronologique et le linéaire.

Prenons l’exemple d’un cours d’histoire. Si on suit les recommandations de la dame, on fera étudier l’organisation de la République romaine à des gamins de CE2 (pour rappel ils ont 8 ans). Malheureusement, j’ai bien peur que l’importance de la création des tribuns de la plèbe en -493 leur passe légèrement au dessus de la tête. Selon madame Boudjahlat il serait donc préférable de ne leur raconter de l’histoire antique que la vulgate chère à monsieur Casali, et de leur faire croire que le tableau de Royer sur la reddition de Vercingétorix raconte une histoire vraie….

Le spiralaire, c’est justement la possibilité d’approfondir une période historique en fonction de l’âge des élèves.

Et tiens, d’ailleurs, les programmes d’histoire ne sont pas spiralaires. C’est même la seule discipline qui ne l’est pas, parce que des gens comme madame Boudjahlat ont dénoncé tellement fort la fin de la civilisation occidentale induite par les nouveaux programmes qu’on a effectivement récupéré des bons gros programmes chronologiques et annuels.

 

Les attendus en termes de savoirs et de savoir-faire ne sont plus fixés sur une année calendaire, mais s’échelonnent sur un cycle de trois ans. Le premier intérêt n’est pas d’ordre pédagogique. Il consiste surtout à empêcher le redoublement, que la Cour des Comptes a évalué, en s’appuyant sur un rapport du Haut Conseil de l’Education, à 1,6 milliards d’euros par an.

C’est bien connu. Les capacités des élèves à apprendre dépend de leur date de fabrication…. et les membre du HCE étaient des guignols.

Sauf que toutes les études prouvent que le redoublement est une pratique le plus souvent inefficace.

Ce qu’il produit surtout, ce sont des effets délétères pour les élèves qui redoublent !

[Le redoublement ] “modifie la représentation que les adolescents ont d’eux-mêmes et du métier d’élève : chez la moitié d’entre eux, cette image de soi, ainsi que celle que leur renvoie leur milieu familial, s’est détériorée après une année de redoublement, ce qui a eu des effets démobilisateurs dans l’investissement scolaire chez un quart de l’ensemble des redoublants. Ce sentiment de dévalorisation, intériorisé et peu partagé, est d’autant plus inhibant qu’il est précocement éprouvé car c’est dans l’intimité de chaque enfant mis en échec que se noue et se dénoue le sentiment d’incompétence acquis : l’élève perd confiance en surestimant les problèmes rencontrés et en sous-estimant ses compétences réelles.”(5)

Le coût du redoublement. Parlons-en. Oui, cela coûte cher à l’État pour une plus-value minuscule. Mais on oublie que ce coût est aussi et surtout à la charge des familles.

«Le redoublement, on connaît bien dans la famille. Tous mes (quatre) enfants ont redoublé au moins une fois. Si on comptait les frais que ça fait en plus, ça ferait un « sacré pactole ». A l’école ça va, mais au collège et au lycée, ça coûte cher d’apprendre. Surtout quand on met plus longtemps que les autres.»(5)

Enfin bon, les familles aux RSA n’ont qu’à se priver, c’est quand même de l’avenir de leurs enfant dont il est question.

C’est cela que vous pensez au fond madame Boudjahlat ?

 

Chiffre hasardeux. Il n’y a plus d’échec, la réussite est juste différée et remise à plus tard. Des enseignants y trouvent leur compte: si une notion n’est pas traitée, il n’y a plus de problème, on part du principe qu’elle sera revue. Il suffit d’effleurer le sujet. Qui sera abordé une autre fois. Parce que les connaissances s’effleurent plus qu’elles ne se traitent.

On voit bien encore une fois que madame Boudjahlat parle de quelque chose qu’elle ne connaît pas. Parce qu’une notion serait étudiée plusieurs fois, elle serait forcément “effleurée la première fois ? Quelle conception bizarre (quoi que poétique !) de l’apprentissage.

 

Ceci a bien sûr des conséquences sur l’évaluation. Ce mot porteur de discrimination.

Ah oui, c’est vrai dans la réforme il y  aussi le problème de l’évaluation.

L’évaluation par compétence, ça les met en rage, madame Boudjahlat et ses semblables.

 

Ainsi, le socle commun de connaissances et de compétences instauré par la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’Ecole du 23 avril 2005 a doucement mais sûrement abaissé le niveau des exigences, parce que la compétence a remplacé la connaissance et le savoir.

Vous essayez de faire croire encore que les connaissances s’opposent aux compétences. Vous n’avez pas honte ?

Des connaissances, c’est solide. Ça s’évalue de façon binaire, c’est facile à noter. On sait : 1 point. On ne sait pas : 0 point. On a une note par élève, on peut les classer : les bons d’un côté, les mauvais de l’autre. Ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. C’est simple. Simpliste. Facile. Mais ça vous plaît. C’est simple : le monde se divise alors en deux camps…. (air connu) et vous vous sentez en sécurité.

Évaluer des compétences, c’est à dire évaluer des connaissances en action, c’est un tout petit peu plus délicat. Parce qu’il faut imaginer une situation pédagogique qui permette de faire cette évaluation. Pour chaque élève. C’est toujours complexe, toujours passionnant, toujours changeant. C’est beaucoup de travail. Mais, quand je vois le temps que j’ai perdu à mettre des notes pendant 20 ans, j’ai envie de me mettre une fourchette dans le pied. Évaluer par compétence c’est le seul véritable moyen d’évaluer réellement le travail d’un élève.

Vous nous faites marrer avec vos notes. Elles sont tellement crédible que parfois, vous préférez faire une double correction, histoire d’être sûr d’avoir mis la bonne note. J’ai même lu quelque part que des calculs ayant été faits, pour avoir la véritable note d’une copie de philo au bac, il faudrait 172 correcteurs. Même l’Express et Luc Ferry le disent ! (6)

C’est dommage, on n’insiste pas assez dans cette cette diatribe sur #LeNiveauKiBaisse C’est vrai qu’avec le S4C, la baisse du niveau des exigences est tel que bien malin l’adulte qui oserait affirmer… maîtriser la totalité de ce socle.

 

On juge de la maîtrise d’un geste répétitif, avec une performance attendue minimale.

On renonce à évaluer la mémorisation

Mensonge ? Ignorance ? Ou volonté délibérée de désinformation ? La mémorisation fait partie du domaine 2 du Socle Commun, de connaissances, de compétences et de culture (S4C) et est au cœur de tous les programmes.

 

[On renonce à évaluer], la culture

Plus c’est gros plus ça a de chance de passer. Vous avez lu l’intitulé de ce Socle Commun ? C’est quoi le troisième 3 du S4C ? (question blanche du jeu des 1000 euros)

 

[On renonce à évaluer] la mobilisation de savoirs.

C’est pas comme si c’était exactement la définition d’une compétence (cf. supra)

 

Or la République…

Qui n’est pas synonyme de démocratie, merci de nous le rappeler avec les propos suivants. Sans rire, même mes élèves de 6e savent ça !  La République c’est “l’ensemble des biens, des droits, des prérogatives de la puissance publique et des services propres à un État dont la forme de régime politique est la république. Elle est accessible également à tous ses citoyens et est la propriété collective de tous. Elle s’oppose à la propriété privée, en sorte que tout ce qui n’est pas privé est public, et réciproquement« . (7)

 

…ce n’est pas l’uniformité et l’égalitarisme idéologique…

(rappel : quand on n’a pas le courage de dénoncer l’égalité il est coutumier d’utiliser le mot égalitarisme) Pour une fois vous avez raison. Une République peut même être une oligarchie, c’est à dire le gouvernement par les plus riches. C’est un peu l’école d’aujourd’hui, non ? Quand on sait combien l’état dépense pour un élève de classe prépa…. (8)

 

…c’est l’exigence républicaine, la récompense du mérite et du travail.

On a du mal à comprendre la notion d’”’exigence républicaine” sous votre plume…. au vu de la définition de la République précédemment citée. L’exigence d’une école plus coopérative ? Ah non, en fait, pour vous cette exigence républicaine c’est : mérite + travail = résultat. Vous savez que c’est très libéral comme idéologie ?

 

On est passé de la récompense du « l’important c’est de participer », à la récompense du « il suffit de participer ».

Que ne dirait-on pour tenter un mot d’esprit ! Sauf que tout le monde n’a pas le talent d’un Clemenceau ou d’un Churchill. Nous laisserons donc tomber à plat cette tentative….

 

Le Transdisciplinaire s’inscrit dans cette logique de compétence. Au travers des EPI, dont on sait maintenant qu’ils se feront aux dépends de l’horaire disciplinaire…

Sérieusement, madame Boudjahlat pense-t-elle ce qu’elle écrit ?  À sa place j’aurais honte de montrer ainsi mon incompétence. Soit elle ne sait pas lire, soit elle a de mauvaises lectures !

À la croire, (et comme il est devenu hélas si courant de le lire) les EPI ne sont pas des enseignements disciplinaires. Regardez le titre qu’elle a donné à son paragraphe. Qu’est ce qu’il y a écrit après “trans- “ ? Concentrez vous, c’est pas facile.

Comme chacun l’aura compris (à moins d’être aussi incompétent que l’auteure de cet article en lecture de textes officiels), les EPI sont une modalité d’enseignement des disciplines. On y traitera donc les questions au programme. Ni plus, ni moins. Juste autrement. Pendant 2 ou 3 heures des 26 heures de cours des élèves. C’est vrai que c’est quand même la fin du monde !

 

….et dont les enseignants ne sont plus dans les textes que les « animateurs ».

Que de mépris dans le clavier quand madame Boudjahlat saisit ce mot. Sait-elle ce qu’est un animateur ? “L’animateur socioculturel organise de multiples activités. Il les adapte à ses publics, composés aussi bien d’enfants et d’adolescents que de travailleurs ou de personnes âgées.” (9) Nous ne saurions trop lui conseiller d’aller voir de plus près de quoi il retourne. Par exemple, de remplacer un “animateur” dans… je ne sais pas, par exemple un centre d’accueil de personnes SDF. On en reparle après si elle survit à l’expérience.

Hormis cela, et en dehors de sa mauvaise foi, je ne vois pas ce qui l’autorise à dire qu’un professeur de collège, enseignant sa discipline, avec ses élèves, en suivant son programme deviendrait un “animateur” en participant à un EPI. Et c’est tant mieux, car la plupart des enseignants en seraient (nous les premiers) bien incapables !

Ah c’est l’idée d’accompagner la créativité des élèves dans un projet qui chagrine ? Parce qu’on n’a plus l’impression de contrôler tout son petit monde ? Parce qu’on n’est plus le maître qui sait face aux élèves ignorants ? Parce que ça fait mal de venir, une fois de temps en temps, s’asseoir à côté d’un élève pour travailler avec lui ?

 

L’interdisciplinarité peut être utile, elle ne peut cependant devenir la clef de voute du système scolaire.

2 ou 3 heures sur 26 par semaine, difficile d’y voir une clé de voûte !  (Oh! pas d’accent circonflexe sur le “u” ?)

 

De Vinci l’affirmait: deux arcs de faiblesse ne font pas un arc de force.

Ah ! Elle a mis du temps à venir la citation d’un homme célèbre pour donner un peu d’honorabilité au propos.

Tiens pour la peine on vous fera cadeau de la nôtre. C’est joli, c’est du Paul Valéry : “La faiblesse de la force est de ne croire qu’à la force”.

 

Elle consiste à réduire les connaissances à leurs aspects immédiatement pratiques mais surtout à les subordonner à une tâche. C’est l’application de l’idéologie du déconstructivisme. (sic !)

Ah, merci pour cette franche et saine rigolade. Confondre le constructivisme et le déconstructivisme… c’est énorme ! Confondre Piaget, l’épistémologiste et Philip Johnson, l’architecte, il fallait la faire. Vous l’avez fait. Bravo !

 

Il ne faut plus analyser le genre littéraire d’un texte, les temps verbaux, les champs lexicaux, l’époque de sa rédaction. Non, les élèves doivent juste en humer l’esprit général. Sans borne fixe ou volonté de construire une culture. Tout ceci dans un relativisme abolissant le temps et le genre: dorénavant, un élève de 5ème aura vu dans un panachage qui donne le tournis: Ulysse, Mandela, des héros du Trône de Fer, du Seigneur des Anneaux, Usain Bolt, Roland. La production attendue ? Elaborer une bande-annonce pour un film de super-héros. Les élèves ne doivent pas s’ennuyer.

Vous le faites exprès ? Au risque de nous répéter, avez vous lu les textes dont vous parlez ? Citons simplement cet extrait des programmes de français du cycle 4 (5e à 3e) :

Cet enseignement s’organise autour de compétences et de connaissances qu’on peut regrouper en trois grandes entrées :

– le développement des compétences langagières orales et écrites en réception et en production ;

– l’approfondissement des compétences linguistiques qui permettent une compréhension synthétique du système de la langue, incluant systèmes orthographique, grammatical et lexical ainsi que des éléments d’histoire de la langue (en lien avec les langues anciennes et les langues vivantes étrangères et régionales) ;

– la constitution d’une culture littéraire et artistique commune, faisant dialoguer les œuvres littéraires du patrimoine national, les productions contemporaines, les littératures de langue française et les littératures de langues anciennes et de langues étrangères ou régionales, et les autres productions artistiques, notamment les images, fixes et mobiles.

En effet : quelle horreur ! Faire dialoguer les œuvres à travers le temps et l’espace ! Mais vous n’y pensez pas très chère !

 

La logique est de susciter l’intérêt des élèves pour les enrôler dans une tâche complexe, dans une logique de projet collectif.

La logique est dans la logique. Le collectif, c’est le mal. Sauf que le collectif c’est définition même de la République dont madame Boudjahlat se gargarise pourtant. Donc la République c’est le mal ? Pourtant, la société toute entière est un projet collectif. Et dans les grandes écoles qui vous sont si chères, elles sont au cœur de la formation !(10)

 

La Ministre de l’Education a ainsi déclaré:  » Les EPI feront la part belle au travail d’équipe, à l’expression orale, à la conduite de projet…Toutes ces compétences si recherchées sur le marché du travail et trop peu développées par notre collège*. » Les EPI sont le moyen coercitif de réduire de réduire l’école à la formation à la reproduction de compétences de moins en moins scolaires, de plus en plus émotionnelles et comportementales. L’école n’instruit plus, elle occupe et divertit.

À moins d’être une chèvre, on saisit mal le lien entre ces trois phrases. Le projet c’est le divertissement ? Allez dire ça aux élèves de l’école des Mines (10).  Pas certains non plus que ces élèves de 4e qui ont cette année expérimenté les EPI les aient trouvés plus divertissants qu’instructifs. Rédiger un corpus de lettres “à l’époque de la révolution française”, c’est juste pour rigoler. Faire des recherches sur des notions ou des événements historiques, lire, écouter le professeur (si ! si ! c’est incroyable !), c’est pour rigoler.

Rédiger des billets de blog sur le thème de la notion de progrès technologique c’est carrément la poilade parce qu’on peut mélanger l’histoire et la technologie, voire même (horreur ! malheur !) réfléchir par soi même. Bidonnant, non ?

 

C’est aussi l’obsession libérale du projet aboutissant à une production impossible à évaluer individuellement, sous la forme d’une affiche, d’un diaporama, d’un livret.

À se demander qui est la plus obsédée ici…. On ne peut donc pas évaluer individuellement un écrit ? N’y aurait-il pas ici confusion ici entre la tâche et le support ? Madame Boudjahlat postule donc qu’on ne peut pas “instruire” en faisant travailler vraiment les élèves ?

 

Le curriculaire. «  Le curriculum s’intéresse donc à la totalité et à la réalité du cursus des élèves sur l’ensemble des années de scolarité ainsi que sur l’ensemble des enseignements qu ‘il est appelé à suivre. Il offre souvent matière à un travail local, à des négociations, qui sont autant de possibilités pour que les acteurs s’en saisissent. ** »

Allez ! On est sympa, on vous donne une piste de travail…

Diverses organisations internationales mettent ainsi en œuvre officiellement des programmes qui placent le « curriculum » au centre, à l’image du « Programme pour l’éducation de base en Afrique développé par l’Unesco » (BEAP en anglais) et le Bureau international de l’éducation (voir aussi les documents de travail du BIE sur le curriculum).

Le curriculum répond, dans ces programmes, à une acception large et prescriptive, qui est loin de se réduire à une façon de nommer les programmes d’enseignement, qu’on décrit plus souvent, au sens restreint, avec le terme de « syllabus ».

Dans d’autres pays francophones, comme le Québec ou la Belgique, le curriculum est non seulement un objet de réflexion pour les chercheurs mais aussi un outil de politiques éducatives et un mot familier aux acteurs éducatifs. “(11)

 

La fin de cet extrait est très intéressant: la finalité est bien l’adaptation à chaque élève et à chaque territoire, préoccupation louable s’il s’agit de partir d’une analyse fine de la réalité pour amener à un haut niveau d’exigence. Il s’agit plutôt d’adapter ce qui est attendu de l’élève en fonction de ce qui peut être espéré d’un élève-type de ce territoire. Lors d’une interview récente sur BFM TV, la Ministre de l’Éducation a eu recours à un élément de langage nouveau: « les singularités territoriales ». Un élève du « département de la Normandie » (sic) ne sera pas intéressé par l’enseignement de l’Allemand par exemple. Parce qu’il en est éloigné. C’est une rupture d’égalité entre les enfants de France, à qui il sera donné selon la catégorie CSP de leurs parents. Et en effet, qu’est-ce qu’un élève de collège classé Réseau D’Education Prioritaire pourrait faire du Latin ?

Parce que jusque là, chacun le sait, tous les enfants avaient droit aux mêmes enseignements, aux mêmes moyens, peut-être ? On ne nous trompera pas : ce qui gêne ici ce n’est pas l’apparition d’éventuelles inégalités nouvelles mais bien la disparition de certaines inégalités (quant à elles bien réelles) entre les élèves, qu’on se donnait bonne conscience à tolérer en s’appuyant sur la notion chimérique de mérite.

 

Il s’agit bien d’adapter l’offre éducative à la sociologie des habitants des territoires, on comprend alors pourquoi l’académie de Paris a pu elle, maintenir les classes bilangues. Contrairement à celle de Normandie.

Là, on est d’accord pour critiquer cet état de fait : le ministère n’aurait pas dû céder aux amis de madame Boudhjalat et supprimer autant de classes bilangues.

Mais faudrait vraiment nous prendre pour des courges que d’essayer de nous faire croire qu’aujourd’hui, un élève de ce collège là : http://lyc-jb-say.scola.ac-paris.fr/ a les mêmes chances de vivre une scolarité ambitieuse et épanouie que les élèves de ce collège là : http://www.clg-massenet.ac-aix-marseille.fr/spip/ (et ce malgré tout l’enthousiasme des collègues qui y travaillent ?)

 

L’approche curriculaire permet de prétexter la construction de parcours individualisés et personnalisés, alors qu’il s’agit d’assigner à résidence les élèves dans un misérabilisme qui est devenu une marque de fabrique de ce gouvernement.

Ah, mais en fait, ce texte n’est pas un texte sur l’éducation, ni sur les manuels scolaires (dont on a au final très peu parlé) C’est un texte politique ! (C’est doublement dommage parce que maintenant, il va falloir qu’on refasse un billet pour parler véritablement des manuels scolaires…. !)

Pourtant, pendant 5 années de présidence UMP, madame Boudjahlat n’a que je sache pas levé un seul petit doigt pour dénoncer la disparition de la formation des enseignants, les 60 000 suppressions de postes et la baisse drastique des moyens… Devinez pourquoi ?

 

On comprend qu’il soit à l’origine de l’idée de faire chanter un rappeur pour le centenaire de la bataille la plus meurtrière de la Grande Guerre, le jeune-type fantasmé est un auditeur d’Ado FM incapable de s’intéresser à autre chose. Abaissons nous, ne l’élevons surtout pas.

* http://www.lejdd.fr/Politique/Najat-Vallaud-Belkacem-Le-probleme-c-est-la-passivite-des-eleves-au-college-731592, NVB dans le JDD – 10 mai 2015

**http://www.education.gouv.fr/archives/2012/refondonslecole/wp-content/uploads/2012/09/consulter_la_comparaison_internationale_sur_les_programmes1.pdf

Pour faire plaisir à la mère de l’un d’entre nous, nous éviterons de commenter ce dernier paragraphe, dont le caractère pathétique pourrait nous amener à des paroles que la décence réprouve.

Nous conclurons donc ainsi : faites attention à ce que vous lisez… c’est pas parce que c’est écrit sur internet que c’est vrai !

Mila Saint-Anne & Laurent Fillion (… et quelques autres)

 

N-B : Promis prochainement, on commentera le sketch d’une humoriste de France Inter … (teasing)

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1 –  http://www.huffingtonpost.fr/fatiha-boudjahlat/les-manuels-scolaires-nouveaux_b_9982766.html

2 –  https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_r%C3%A9publicain_et_citoyen

3 – http://eduscol.education.fr/cid99750/epi.html

4 – https://zestedesavoir.com/tutoriels/604/la-pedagogie-pratiques-efficaces-et-theories-pedagogiques/1009_constructivisme-pedagogique/4197_theories-de-bruner-et-pedagogies-par-decouverte/

5 – http://www.education.gouv.fr/archives/2012/refondonslecole/wp-content/uploads/2012/07/rapport_hcee_n_14_le_redoublement_comme_moyen_de_traiter_les_difficultes_scolaires_au_cours_de_la_scolarite_obligatoire_decembre_2004.pdf

6 – http://www.lexpress.fr/actualite/societe/bac-de-philo-une-copie-dix-correcteurs-pour-quelle-note_899958.html

7 – https://fr.wikipedia.org/wiki/République

8 – http://www.education.gouv.fr/cid11/le-cout-d-une-scolarite.html%23la-depense-moyenne-par-eleve

9 – http://www.onisep.fr/Ressources/Univers-Metier/Metiers/animateur-socioculturel-animatrice-socioculturelle

10 – http://www.mines-paristech.fr/Formation/Cycle-ingenieurs-civils/Cursus/Projets/

11 – http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA-Veille/53-avril-2010-integrale.pdf