Réflexions personnelles sur notre système éducatif et son actualité

Ma réponse au SNALC-en-guerre

In Au piquet on 26 mars 2015 at 19 h 44 min

Ma réponse au message honteux du SNALC reçu sur ma boite académique.

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Vous me permettrez de ne pas débuter cette réponse par « cher collègue » comme vous vous avez osé le faire pour finalement m’insulter en fin de message.

Vous ne m’êtes ni cher, ni collègue car il faudrait pour cela au moins partager certaines valeurs bien absentes de votre honteux message.

Les récentes victoires électorales du parti qui vous avait apporté son soutien lors des élections professionnelles vous donnent apparemment des ailes pour oser vous montrer sous votre véritable jour.

Qu’un syndicat utilise la messagerie académique pour insulter une partie des enseignants, il fallait oser.

Qu’un syndicat d’enseignants emploie des éléments de langage jusque là réservés aux franges les plus extrémistes de nos politiques (guerre, Nomenklatura, chienlit ..) est plus que préoccupant.

Difficile d’oublier, dans ces conditions, qu’un ex-dirigeant de ce syndicat se soit, par le passé, exprimé sur les ondes de radio Courtoisie.

Qu’un syndicat tombe dans le populisme le plus facile en vantant son indépendance totale est presque risible. On attend avec impatience l’annonce logique que le SNALC abandonne toutes ces décharges syndicales par souci d’indépendance.

Qu’un syndicat se permette de désinformer ses collègues en caricaturant à ce point un projet de réforme relève de l’imposture.

Que vous osiez prétendre que les idées réformatrices l’emportent avec ce projet de réforme de collège, alors que seul 20 % de l’emploi du temps des collégiens sera dégagé pour permettre aux collègues qui désirent d’apprendre autrement de le faire dans des conditions sinon décentes au moins organisées, montre votre malhonnêteté et la manipulation que vous tentez.

Vous omettez de rappeler qu’il restera 80 % du temps pour continuer à ne rien changer.

Ce sera largement assez pour la minorité qui vous suit pour renforcer le caractère élitiste et segrégatif de notre collège.

Passons sur les autres désinformations sous forme d’annonces de catastrophes.

Comment osez-vous encore vous en prendre à la formation initiale alors que vos mêmes arguments ont conduit les gouvernements précédents à la supprimer et à envoyer de jeunes collègues dans les classes sans aucune formation ?

Vous entrez en guerre ? Comptez-sur moi pour résister face à vos outrances, vos caricatures, votre violence verbale et face aux idées que vous défendez pour conserver voire amplifier une école fermée et inégalitaire.

Laurent Fillion

L’école se doit de rester une agence de notation

In Cour de récréation on 15 février 2015 at 19 h 36 min

Agence notation pour Laurent 15-02-2015 GFun grand merci à Jean-Marie Olaya pour cette commande

D’autres voeux pour les professeurs d’histoire, de géographie et d’éducation civique.

In Au piquet on 14 janvier 2015 at 21 h 30 min

Nous venons de lire les voeux du Président de l’Association des Professeurs d’Histoire Géographie.

Nous avons nous aussi des voeux, nous aussi nous accusons (chacun a le droit de jouer le Zola de pacotille), nous aussi nous appelons (chacun peut jouer le de Gaulle de pacotille)

 

Nous vous souhaitons pour cette nouvelle année tous nos voeux de bonheur, personnels bien sûr mais aussi des voeux de bonheurs pédagogiques, ceux là même qui nous portent dans notre belle et importante mission au service de notre pays et de ses valeurs.
Nous somme nombreux à le penser et à rencontrer des collègues enthousiastes qui s’appliquent à offrir à tous les jeunes une formation de base de qualité, en y mettant toute leur énergie et toute leur intelligence. Tous ceux qui s’impliquent dans leur métier comme jamais, qui osent innover chaque jour dans leurs classe pour donner davantage de sens à leur métier. Celles et ceux qui travaillent ensemble par delà les barrières des programmes disciplinaires et des lamentations passéistes. Ceux qui imaginent le monde de demain dans lequel vivront leurs élèves. Les utopistes, les optimistes, les bienveillants.

 

Pour ces collègues, trop souvent en butte aux critiques, nous avons souhaité répondre aux voeux désespérants du président de l’Association des Professeurs d’Histoire Géographie afin de leur dire que oui, il y a d’autres chemins légitimes, d’autres combats à mener que la défense d’intérêts disciplinaires d’un autre temps et qu’ils ne sont pas seuls à se penser également professeurs d’éducation civique.

 

Nous faisons le voeu

Nous faisons le voeu d’avoir un jour une association professionnelle qui représente vraiment les professeurs d’histoire géographie et d’éducation civique et pas seulement les désenchantés qui n’ont pas compris que le remise en question est la qualité essentielle d’un enseignant. Une association qui rassemblerait tous ceux qui cherchent à établir des liens entre les disciplines pour leur enrichissement mutuel. Une association qui s’attacherait davantage à la façon d’enseigner qu’au nombre d’heures passées en classe. Une association qui soutiendrait ceux qui savent que ce sont les difficultés de notre métier et l’art de les surmonter qui lui donnent toute sa valeur.

 

 Nous accusons

Nous accusons toutes celles et ceux qui brandissent comme un étendard la soit-disant opposition entre les savoirs et les compétences de mensonge, ou pire, d’incompétence. Nous les accusons de salir le travail de nombreux collègues qui ont, depuis plusieurs années, dans leurs établissement, choisi de mettre en oeuvre un enseignement par compétences. Eux savent à quel point cette approche est exigeante sur le plan des savoirs historiques et géographiques car s’appuyant sur la mobilisation de savoirs vraiment maîtrisés. Eux ne confondent pas compétence et savoir-faire utilitariste.

Nous accusons ceux qui réfutent l’importance de la pédagogie et de la didactique de s’être trompés de métier. La finalité d’un cours n’est pas d’offrir au professeur une scène pour démontrer ses savoirs, ni de lui permettre de se gargariser de la puissance de sa propre pensée. C’est, (doit-on encore le rappeler ?) bien au contraire de permettre aux élèves, à TOUS les élèves (et pas seulement cette élite d’élèves qu’on cornaquera jusqu’en classe prépa) d’accéder aux savoirs, aux savoir-faire et aux savoir-être qui leur permettront de devenir des adultes heureux et libres, conscients et acteurs de leurs vies. Ne pas s’y consacrer de toutes ses forces est une faute.

Nous les accusons de participer à la violence institutionnelle qui exclut de la poursuite d’études ou qui contraint à une orientation non choisie des dizaines de milliers de jeunes qui sortent du système scolaire en traînant comme un boulet l’image de leur échec.
Nous les accusons de tromper les jeunes qui envisageraient de devenir enseignants d’histoire, de géographe et d’éducation civique en leur laissant croire que la pédagogie et la didactique ne sont que des hochets au service du laxisme. Ils concourent par leurs discours au mal-être de trop nombreux collègues qui souffrent d’exercer un métier qui n’est pas celui auquel ils s’étaient préparés.
Nous accusons ceux qui par leur discours ambigus sur une École qui sacrifierait l’histoire et la géographie, de faire le lit de certaines figures médiatiques qui caricaturent notre enseignement pour vendre leurs livres aux couleurs sépia. Par leur vision passéiste de nos disciplines, ils insultent les nombreux enseignants qui se remettent chaque jour en cause pour porter dans les classes une science en perpétuelle évolution.

 

Nous appelons

Nous appelons les professeurs d’histoire, de géographie et d’éducation civique à continuer à s’engager, à se former, à travailler ensemble. À ne jamais se satisfaire de l’immobilisme et de la facilité. À poursuivre leurs réflexions pour diversifier leurs pratiques pédagogiques et didactiques.

Nous appelons l’opinion et en particulier les parents d’élèves, à ne pas croire que celui qui parle le plus fort a toujours raison. Non, la façon dont on vous a enseigné l’histoire, la géographie et l’éducation civique n’est pas la seule possible. Non, les programmes de votre jeunesse n’étaient pas forcément plus rigoureux, construits, logiques. La seule chose dont vous pouvez être certains, c’est qu’ils ne s’adressaient qu’à un petit quart de la jeunesse de notre pays. C’est exactement l’inverse de ce dont nous rêvons pour les jeunes dans nos classes.

 

Mila Saint Anne & Laurent Fillion

 [Pour lire ce billet sur le blog de Mila Saint-Anne et découvrir la magnifique illustration qu’elle a choisie, suivre ce lien.]

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